Genève, 15/12/2011 (Agence Europe) - Dans un climat économique détérioré, les nations ont tout intérêt à s'ancrer au système multilatéral, a estimé Pascal Lamy en ouverture de la 8ème conférence ministérielle de l'OMC. Le patron de l'OMC chiffre le coût d'un recours intensif au protectionnisme à 800 milliards d'euros.
« Le système commercial multilatéral est un point d'ancrage dans la tempête. Une grosse mer est en train de le déstabiliser et de décrocher l'ancre », a averti le patron de l'OMC, ouvrant les travaux ministériels des 153 pays membres, jeudi 15 décembre. « Le coût d'un recours intensif au protectionnisme pourrait atteindre 800 milliards de dollars », a-t-il ajouté, appelant les capitales à « défendre les valeurs du multilatéralisme » et à « faire preuve de leadership et de courage politique pour agir ensemble en faveur de la poursuite de l'ouverture et des réformes commerciales ». M. Lamy n'a pas caché sa déception devant l'impossibilité de conclure le round de Doha, lancé en 2001. « Vous avez échoué dans vos efforts: le round de Doha est dans l'impasse », a-t-il déploré, ajoutant: « Nous ne pouvons pas continuer longtemps à faire l'autruche ». Appelant les gouvernements à « agir maintenant », le patron de l'OMC a souhaité que la conférence décide d'un programme de travail opérationnel pour la suite du round, ajoutant qu'il convoquera en 2012 un groupe de réflexion.
Parallèlement à la séance plénière, pendant laquelle les ministres feront des déclarations préparées, il y aura trois séances de travail sur les thèmes suivants: « Importance du système commercial multilatéral et de l'OMC », « Commerce et développement » et « Programme de Doha pour le développement ». La conférence examinera par ailleurs les accessions de la Russie, du Samoa et du Monténégro. (EH)