Bruxelles, 29/11/2011 (Agence Europe) - « L'UE risque de faire naufrage si sa politique continue d'inciter à la fermeture d'entreprises et à la perte d'emplois qui y est liée. En matière de pêche, il faut dépasser le discours purement écologiste et prendre en compte les conséquences socio-économiques des mesures édictées ». C'est le message lancé lundi 28 novembre par le président d'Europêche, Javier Garat, à l'occasion de l'examen au Comité des Régions du projet d'avis de Mieczyslaw Struck (PPE, polonais) sur les propositions législatives concernant la réforme de la politique commune de la pêche (PCP). Les professionnels du secteur de la pêche reprochent à la commissaire européenne Maria Damanaki de dramatiser la situation du secteur de la pêche et l'état des stocks de poissons en Europe.
L'objectif de parvenir à gérer les stocks selon le principe du rendement maximum durable (RMD) à l'horizon 2015 et l'élimination pure et simple des rejets en mer « ne sont pas réalistes », selon le président d'Europêche. Qui souligne que la suppression des aides à la flotte « aura un impact fortement négatif sur le secteur ». Les efforts consentis par les pêcheurs et les États membres ne sont pas pris en compte, selon Europêche. C'est la raison pour laquelle Javier Garat demande « un élan plus positif » de la part de la commissaire Maria Damanaki car le secteur de la pêche se sent frustré.
Le président d'Europêche a demandé à la Commission de lever des imprécisions sur des aspects importants de la réforme de la PCP, tels que la régionalisation des décisions, la politique des rejets, le RMD et les concessions de pêche transférables. Il a aussi indiqué qu'Europêche examinerait à la loupe la proposition sur le nouveau Fonds européen maritime et de la pêche.
Le projet d'avis de M. Struck préconise notamment: - l'introduction graduelle de l'interdiction des rejets ; - de soutenir la proposition de la Commission sur un système de concessions de pêche transférables pour la majorité des stocks gérés par la PCP (ce système devrait être mis en place pas plus tard que le 31 décembre 2013 et couvrir tous les navires de 12 mètres et tous les bateaux munis d'engins remarqués. Le projet d'avis attire toutefois l'attention sur les risques et effets négatifs potentiels découlant de l'introduction des concessions transférables de pêche. (LC)