Bruxelles, 29/11/2011 (Agence Europe) - Doutant que l'UE atteigne son objectif indicatif de 20% d'économies d'énergie à l'horizon 2020, le commissaire Oettinger exige des États membres un engagement ferme pour des objectifs ou des instruments contraignants en matière d'efficacité énergétique.
Günther Oettinger a de nouveau averti les capitales, au Conseil Énergie du 24 novembre, du risque pour l'UE de ne pas atteindre un de ses objectifs climatiques adopté en 2008, celui d'économiser d'ici 2020 20% de ses besoins en énergie. « Nous sommes loin du compte en matière d'efficacité. Si nous prenons au sérieux l'objectif de 20%, le meilleur moyen d'y parvenir serait un objectif contraignant et une flexibilité totale dans la façon d'y répondre », a insisté le commissaire devant les ministres européens de l'Énergie, lors de la présentation d'un rapport de progrès préparé par la présidence polonaise sur la base du projet de directive mise sur la table par l'exécutif européen le 22 juin dernier. Une proposition qui, à la fois, repose sur plusieurs mesures contraignantes - les entreprises énergétiques devront économiser 1,5% de leur volume de ventes en proposant à leurs clients des mesures d'efficacité et le secteur public devra donner l'exemple en achetant des bâtiments, produits et services efficaces et en procédant chaque année à des travaux de rénovation couvrant au moins 3 % de leur patrimoine total - et laisse une grande marge de souplesse aux États membres.
S'il assure la Commission du soutien des capitales à sa proposition dans ses principes, le rapport élaboré de la Présidence polonaise souligne toutefois la faveur des gouvernements pour une plus grande souplesse pour appliquer les mesures les plus rentables, en tenant compte des spécificités locales et de la législation existante, l'obligation de contraindre les services publics leur posant le plus de difficultés.
Le ministre polonais de l'Economie, Waldemar Pawlak, a promis pour la mi-décembre une nouvelle proposition de compromis sur le texte initial de la Commission, et le Danemark, très engagé sur ce dossier, de poursuivre le débat avec succès. Objectif général contraignant et plus grande flexibilité pour y parvenir, ou objectif général indicatif et instruments contraignants pour y parvenir, les capitales devront choisir. Mais le commissaire Oettinger est déterminé à « ne pas se retrouver sans rien au bout du compte ». (EH)