Bruxelles, 29/11/2011 (Agence Europe) - Le niveau d'optimisation du Fonds européen de stabilité financière (FESF) fait encore l'objet d'un débat entre les ministres des Finances de la zone euro. À son arrivée mardi 29 novembre à Bruxelles pour la réunion de l'Eurogroupe, le ministre français de l'Économie François Baroin a estimé qu'il existait « une bonne chance » de parvenir à créer un effet de levier qui permettrait au fonds européen de disposer d'une force de frappe de 1000 milliards d'euros, conformément aux conclusions du sommet de l'Eurozone de fin d'octobre (EUROPE n° 10483). Pour la ministre espagnole Elena Salgado, « l'Eurozone devrait tenter de rendre le fonds de sauvetage le plus puissant possible ».
D'autres ministres ne croient plus à la possibilité de remplir cet objectif. « Il sera très difficile d'atteindre le but initialement fixé en raison des évolutions sur les marchés financiers », a déclaré le ministre luxembourgeois Luc Frieden, pour qui « le FESF ne pourra pas, à lui seul, résoudre tous les problèmes » de la crise de la dette souveraine. Son homologue néerlandais Jan Kees de Jager partage cet avis. Il convient d'attendre le résultat de nos discussions sur la création d'un effet de levier, notamment par le biais d'investissements privés, mais la multiplication de la force de frappe du FESF se situera probablement « entre deux fois et deux fois et demie », a-t-il estimé. Un chiffre selon lui « insuffisant » pour contenir la contagion de la crise de la dette souveraine à des pays au cœur de l'Eurozone comme l'Italie ou l'Espagne.
Bénéficiant de garanties nationales, le Fonds européen de stabilité financière dispose d'une capacité d'intervention de 440 milliards d'euros. Cette puissance de feu est d'ores et déjà réduite à environ 250 milliards d'euros, le fonds venant déjà en aide à l'Irlande et au Portugal, et bientôt à la Grèce. Sur insistance de l'Allemagne, le sommet de l'Eurozone a envisagé deux options pour optimiser le fonds européen en fournissant une assurance aux investisseurs achetant des titres de dettes de pays en difficulté ou en créant des fonds de co-investissement sous l'égide du FMI à destination d'investisseurs de pays tiers. La France, soutenue par des pays du sud de l'Europe, plaidait pour l'octroi d'une licence bancaire au fonds européen afin de lui donner accès aux liquidités illimitées de la Banque centrale européenne.
Le directeur exécutif du FESF Klaus Regling devait faire rapport sur les travaux en cours visant à matérialiser ces deux options d'ici la fin de l'année. Lundi, il aurait fait part de son pessimisme concernant la possibilité d'atteindre l'objectif fixé par les Dix-sept. La démultiplication de la capacité d'intervention du fonds européen n'est « plus atteignable en raison de la détérioration évidente de l'environnement des marchés », a-t-il expliqué à des députés allemands, selon la presse allemande. (MB)