Bruxelles, 09/11/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne doute que le paquet d'austérité adopté cet été par l'Italie permette à cet État membre d'atteindre les objectifs budgétaires fixés pour 2012 et 2013, alors que ses experts viennent tout juste d'entamer leur mission de surveillance à Rome. « Comme nous estimons que, dans le contexte économique actuel, la stratégie budgétaire programmée ne garantit pas d'atteindre un budget équilibré en 2013, des mesures additionnelles seront nécessaires pour atteindre les objectifs pour 2012 et 2013 », estime-t-elle dans son questionnaire demandant aux autorités italiennes de clarifier les mesures envisagées et qui a 'fuité' sur le site du quotidien italien La Repubblica. « Des mesures de stabilisation sont-elles déjà en préparation ? (…) Prendront-elles la forme d'économies additionnelles basées sur une révision complète des dépenses publiques », interroge-t-elle. La Commission attend des réponses au questionnaire d'ici la fin de la semaine. L'annonce de la démission du Premier ministre Silvio Berlusconi après l'adoption du budget italien pour 2012, qui ouvre une période d'instabilité politique en Italie, n'a pas réussi à enrayer la hausse inexorable des taux d'intérêt appliqués aux titres de dette italienne à dix ans (voir autre nouvelle). Pour la première fois, ceux-ci ont dépassé la barre des 7%, un niveau considéré comme intenable. L'Irlande et le Portugal ont fait appel à une aide financière internationale après que le coût de refinancement de leur dette a dépassé un tel seuil. L'Italie doit emprunter près de 300 milliards d'euros en 2012 pour assurer le service de sa dette qui s'élève à 120% du PIB national, soit 1900 milliards d'euros. « M. Rehn était préoccupé hier, il continue à être préoccupé aujourd'hui », a indiqué mercredi 9 novembre son porte-parole. Selon lui, l'action de la Commission vise à remédier au « talon d'Achille » de l'économie italienne, à savoir le manque de compétitivité. Les réformes budgétaires et visant à libérer la croissance vont « de pair », a-t-il souligné. (MB)