Bruxelles, 09/11/2011 (Agence Europe) - Seulement 13% des 23 millions de PME européennes opèrent à l'international. La Commission européenne propose une stratégie pour les aider à profiter davantage des perspectives offertes par les marchés émergents à croissance rapide, de l'Amérique latine à l'Asie.
Un an après avoir soumis sa nouvelle approche pour la politique industrielle de l'UE (EUROPE n° 10245), le commissaire à l'Industrie Antonio Tajani a dévoilé, mercredi 9 novembre, les contours du nouveau partenariat communautaire pour aider les PME à exploiter davantage les possibilités du marché mondial, définis dans la communication de l'exécutif européen intitulée Small Business, Big World.
Assurant deux-tiers des emplois dans le secteur privé, à l'origine de 80% des nouveaux emplois ces cinq dernières années, moteur de la reprise après la crise de 2008, les PME constituent « la principale force économique de l'Europe ». Mais 13% seulement d'entre elles sont actives à l'international, par le biais du commerce, des investissements, de la délocalisation, ou d'autres types de coopération. « Souvent, nos PME n'explorent pas certains marchés, qu'ils soient russe, américain, chinois, ou australien. Pourquoi ? Parce qu'elles se sentent faibles, et pas assez informés », a expliqué M. Tajani, lors d'un point presse mercredi.
Dans leurs tentatives d'internationalisation, les PME se heurtent à nombre d'obstacles. Notamment lorsqu'il s'agit d'accéder aux informations relatives au marché, de localiser des clients potentiels ou de trouver les bons partenaires. Elles sont en outre confrontées à des problèmes plus complexes, comme le respect des législations étrangères (règles obligatoires du droit des contrats, réglementations douanières, normes et règlements techniques), la gestion des transferts de technologie, ou encore la protection des droits de propriété intellectuelle ou industrielle. Pour relever ces défis, les PME sont généralement moins bien armées que les grandes entreprises en termes de compétences internes et de ressources financières ou humaines.
Pour permettre aux PME européennes souhaitant s'implanter sur de nouveaux marchés, ou étant à la recherche des bons partenaires et de clients potentiels, d'accéder plus facilement à des informations pertinentes et des dispositifs d'appui adaptés, la Commission met donc sur la table une stratégie se voulant à la fois plus cohérente et plus efficace, reposant sur des services de soutien optimalisés, la pleine utilisation des ressources existantes (dont le réseau Entreprise Europe), ainsi qu'une coordination accrue.
La nouvelle stratégie élaborée par l'exécutif européen prévoit d'étoffer l'offre actuelle de services de soutien aux PME sur les marchés prioritaires - notamment par l'ouverture de nouveaux 'centres des PME' dans les pays tiers, ou encore l'ouverture d'un bureau pour les PME dans chaque délégation de l'UE dans les pays tiers-, comme d'améliorer la structure de gouvernance du réseau 'Entreprise Europe' afin de renforcer sa collaboration avec les organisations d'accueil et les parties prenantes. La Commission propose également de renforcer la cohérence des programmes de soutien au niveau de l'UE afin d'accroître leur impact, compte tenu qu'à l'heure actuelle, plus de 300 programmes de soutien ont été mis en place au niveau national, ciblant souvent une seule région en développement alors que, dans l'intervalle, de nouvelles régions de croissance sont apparues. L'exécutif européen mise aussi sur la promotion des clusters et réseaux visant l'internationalisation des PME. Enfin, la Commission propose la création d'un portail virtuel unique d'accès aux informations pour les PME souhaitant étendre leurs activités à l'international. (EH)