Bruxelles,09/11/2011 (Agence Europe) - Près d'un cheminot français sur dix aurait manifesté hier contre les dispositions voulues par l'UE en matière d'ouverture du marché ferroviaire. Leurs collègues autrichiens, allemands, belges, et luxembourgeois ont également répondu à l'appel de la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF), et les ont rejoints pour manifester à Sarrebruck (Allemagne) mardi
8 novembre. La refonte du paquet ferroviaire entend accélérer l'ouverture à la concurrence européenne des services publics ferroviaires, qui demeurent parmi les derniers bastions nationaux. Le texte proposé par la Commission, modifiant et fusionnant trois directives européennes préexistantes, a été largement amendé par le Parlement européen. Celui-ci devrait en débattre et l'adopter en séance plénière la semaine prochaine.
L'appel des syndicats. En dernier ressort, les cheminots ont donc voulu faire entendre leurs craintes d'une libéralisation du rail et de la fin d'un service public de qualité. Si ETF se dit reconnaissant envers le Parlement d'avoir supprimé la proposition d'un service minimum à assurer en cas de grèves, l'association des syndicats du transport déplore, par la voix de sa secrétaire générale adjointe, Sabine Trier, « l'appel à une législation en faveur d'une séparation totale (ndlr: des comptes des gestionnaires d'infrastructure et des fournisseurs de services) et qu'une libéralisation du transport des passagers promeuve la fragmentation et facilite le dumping social dans le secteur ferroviaire. ETF demande donc au Parlement européen de rejeter fermement cette proposition ». Les cheminots ont débuté leur campagne en mai dernier, et ils comptent continuer de la sorte « tant que la Commission européenne et des décideurs européens ont l'intention de détruire le rail », annonce Mme Trier.
Contre-amendement. Un amendement posé en dernière minute avait créé la controverse en obtenant une faible majorité. Il ouvrait la possibilité de différents transferts de capitaux, même issus de fonds publics. Une modification substantielle allant à l'encontre de la volonté du rapporteur Debora Serracchiani (S&D, italienne) de séparer les comptes des différents acteurs ferroviaires (EUROPE n°10485). Selon des sources internes au Parlement européen, un nouvel amendement aurait été déposé mercredi 9 novembre pour mieux définir les échanges croisés de financements. Il est attendu que les débats du lundi 14 novembre prochain en séance plénière du Parlement européen portent aussi sur le sujet. (MD)