Bruxelles, 09/11/2011 (Agence Europe) - L'Union européenne discutera en son sein, mais également avec ses partenaires, d' « une réaction adéquate » à la suite de la publication du nouveau rapport de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) sur le programme nucléaire iranien, a annoncé mercredi 9 novembre Maja Kocijancic, la porte-parole de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Catherine Ashton. Maja Kocijancic a précisé que le rapport « aggrave sérieusement les préoccupations actuelles sur la nature du programme nucléaire iranien ». « Globalement, ces résultats indiquent fortement l'existence d'un programme complet de développement à part entière d'armes nucléaires », a-t-elle ajouté, précisant que « l'augmentation de la capacité d'enrichir l'uranium à 20% est particulièrement préoccupante ».
Le ministre des Affaires étrangères français Alain Juppé a souligné que la France est prête à adopter « avec tous les pays qui suivront » des mesures d'une ampleur « sans précédent » contre Téhéran.
Il a considéré qu'il est nécessaire de « franchir un pas dans le renforcement de la pression diplomatique sur l'Iran ». « Il appartient (…) à toute la communauté internationale de réagir à la gravité des faits rapportés par l'Agence », a-t-il ajouté, souhaitant que le Conseil des gouverneurs adopte, la semaine prochaine, une résolution « très ferme enjoignant à l'Iran de faire enfin, dans les plus brefs délais, toute la lumière sur ses activités, passées et présentes, relatives à un programme militaire, en laissant les inspecteurs de l'AIEA travailler sans restriction ». Il a aussi jugé nécessaire la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU.
Son homologue britannique, William Hague, a souligné que, « les affirmations ces dernières années de l'Iran selon lesquelles son programme nucléaire a des visées entièrement pacifiques sont complètement discréditées par ce rapport ». Si l'Iran n'est pas prêt à engager des négociations sérieuses sur son programme, sans condition préalable, « nous devrons continuer d'intensifier la pression et à cet effet, nous étudions avec nos partenaires une série de mesures supplémentaires ».
Un avis partagé par le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle, qui a considéré le rapport comme « alarmant ». Si l'Iran refuse de négocier, « des sanctions plus sévères seraient inévitables ». Il a annoncé que des discussions entre partenaires européens et alliés étaient en cours mais « nous excluons toute discussion sur une option militaire possible », a-t-il précisé.
L'Iran a rejeté, mardi, les accusations contenues dans le rapport de l'AIEA, considérant que l'Agence se base sur « de faux documents ».
S'appuyant sur des informations « crédibles », l'AIEA a émis, dans un rapport publié officiellement le 9 novembre, de « sérieuses inquiétudes » sur le programme nucléaire iranien, précisant que le pays a travaillé sur la mise au point de l'arme atomique. (CG)