Bruxelles, 09/11/2011 (Agence Europe) - L'industrie automobile trouvera un allié de taille en la personne de Siim Kallas, commissaire européen responsable du transport, tant que le secteur fera preuve d'innovation et investira dans la recherche et le développement. La technologie doit se mettre au service de la transition vers un transport affranchi des sources d'énergies épuisables. Le commissaire s'est directement adressé au secteur mardi
8 novembre à l'occasion de l'ouverture de la conférence d'Eucar, le conseil européen pour la recherche et le développement automobile, sur le thème « Mobilité et transport, recherche et innovation, des challenges industriels pour l' Europe ».
R&D pour booster la mobilité verte. Comme il l'a rappelé, la Commission européenne a inscrit dans le Livre blanc pour le transport son intention de réduire drastiquement les émissions de CO2 du transport. Il suggère notamment de réduire de moitié le nombre de voitures conventionnelles roulant aux énergies fossiles dans les centres urbains d'ici 2030. Les carburants alternatifs doivent donc prendre plus de place et mener à un marché de voitures vertes, qui devrait rendre le transport plus propre, plus efficace et créer de l'emploi. Mais les techniques sont encore coûteuses, « le défi sera donc d'introduire ces technologies graduellement dans le marché européen. Cela devra être fait à la même vitesse que le développement des technologies. Et pour cela nous avons besoin d'une infrastructure de recharge ou de ravitaillement car les consommateurs vont naturellement hésiter à acheter des véhicules alternatifs s'il n'y pas de façon facile de les alimenter » préconise le commissaire européen.
Rôle de l'UE. Pour ça, l'UE est prête à prêter à main forte au secteur de l'automobile, quitte à l'inciter à agir plus rapidement « car nous n'avons pas de temps à perdre », a-t-il mis en garde. La Commission entend donc présenter entre autres une stratégie à moyen terme pour la recherche et l'innovation dans le transport (Strategic transport technology plan), ainsi qu'une initiative sur le transport propre, une stratégie complète pour les carburants sur le long terme. La promesse d'un soutien institutionnel qui ne déplaît pas à Paul Mascarenas, directeur technologique chez Ford, représentant la présidence d'Eucar cette année: « Sans soutien politique, il sera plus difficile dans le futur de maintenir l'industrie automobile européenne compétitive au niveau mondial ». Ce qui naturellement mène à demander plus de financements, comme n'a pas hésité à le faire le président de Eucar, Pim van der Jagt, aussi directeur général pour le centre de recherche européen de Ford: « Un budget en hausse pour les investissements en recherche et développement dans l'automobile dans le prochain programme cadre à l'horizon 2020, qui reflèterait la contribution économique et sociale du secteur automobile en Europe ». (MD)