Bruxelles, 12/10/2011 (Agence Europe) - Un consortium de 17 instituts d'études stratégiques dans 13 pays, MedPro, coordonné par le CEPS (Center for European Policy Studies, Bruxelles), propose à l'UE et à ses partenaires de la Méditerranée un jeu de scénarios pour sortir de l'impasse qui semble actuellement caractériser le dialogue euroméditerranéen. « Suite aux soulèvements qui ont mis un terme à des décennies de dictature, le sud de la Méditerranée se trouve à un tournant historique ». Avant les « révolutions », « un scénario de statu quo semblait prévaloir fait d'un subtil mélange d'insoutenabilité et de coopération Euro-Méditerranée », écrit Dr Rym Ayadi, coordinatrice de MedPro. La conjoncture est « marquée par l'échec des politiques européennes à ancrer la région » dans une stratégie à long terme, alors que « des changements radicaux sont en cours » dans le monde (Chine, Golfe, États-Unis). Pour sortir du statu quo les auteurs de l'analyse commune fixent leur regard sur la perspective 2030 pour laquelle ils déterminent un jeu de scenarios.
Le maintien du statu quo est le premier des scénarios possibles, mais ce serait susciter une « ligne de fracture » entre les deux rives. Le deuxième est dans l'intégration dans une sorte d'EEE (Espace économique européen). Cette « Union Euro-Méditerranée » formera un espace intégré et un marché commun. L'hétérogénéité des pays partenaires en affaiblit a priori les avantages. L'UpM (Union pour la Méditerranée) y jouera un rôle, mais sa mission sera vidée de son sens dès lors que les pays auront été intégrés dans cette UEM. Troisième scénario ; « une 'Alliance Euro-Méditerranée' où les deux régions demeureraient séparées », impliquant éventuellement des pays africains et moyen-orientaux non riverains. Mais dans « un tel scénario, il n'y aurait plus de perspective », ce sera tout au plus le jeu classique des rapports internationaux - même privilégiés - et cela rendrait la politique de voisinage «obsolète ».
« Six mois depuis le début des révoltes arabes, les pays du sud de la Méditerranée sont toujours plongés dans l'incertitude, avec des forces opposées s'agitant sans objectifs ni direction précis ». En regard, la réponse européenne à ces événements paraît rester « timide, centrée sur le court terme et (elle) manque de vision cohérente ». Le pire serait-il le plus probable ? Pessimiste sur le court terme, MedPro estime que les deux derniers scénarios (Union ou Alliance Euro-Méditerranée) ne « semblent guère plausibles aujourd'hui ». (FB)