Bruxelles, 20/09/2011 (Agence Europe) - Le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas devrait, vendredi 23 septembre, officiellement déposer une demande d'adhésion de l'État palestinien à l'ONU. Ce dont l'UE a « pris note », samedi 17 septembre. « Nous avons besoin de voir les détails et le calendrier de la demande. Les prochains jours seront cruciaux », a précisé Maja Kocijancic, la porte-parole de Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères. Pour que la résolution soit adoptée, neuf des quinze membres du Conseil de sécurité (les 10 non permanents dont l'Allemagne et le Portugal et les 5 permanents qui possèdent un droit de veto) doivent voter « pour ». Les rencontres entre Mahmoud Abbas et ses partenaires se sont multipliées ces derniers jours, tout comme les réunions entre politiques et diplomates de toutes nationalités. Catherine Ashton a déjà rencontré Hillary Clinton et Mahmoud Abbas.
Le Quartette, composé des États-Unis, de la Russie, de l'UE et des Nations unies, tente de dissuader les Palestiniens de soumettre leur demande. « Le seul moyen finalement de parvenir à un État palestinien (...) est de passer par des négociations », a plaidé son envoyé spécial Tony Blair à la télévision américaine. De son côté, la porte-parole de Catherine Ashton a rappelé que l'UE soutient « une solution constructive susceptible de rassembler le plus grand soutien possible et de permettre une reprise des négociations est le meilleur et le seul moyen de parvenir à la paix et à la solution à deux États que le peuple palestinien souhaite ».
Désunions européenne et internationale. Mais, pour l'instant, aucune position commune des États européens n'a été trouvée. L'Espagne, la Belgique, l'Irlande, la Suède et le Portugal sont favorables à la reconnaissance de la Palestine. L'Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne ou encore la République tchèque s'y opposent. Le Royaume-Uni et la France, membres permanents du Conseil, n'ont pas encore fait part de leur décision et restent prudents. Dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères a précisé qu'il est « en contact étroit avec les responsables palestiniens afin de déterminer plus précisément la nature de leurs intentions et les autres options qui pourraient accompagner cette démarche ». Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé et le président Nicolas Sarkozy ont rencontré Mahmoud Abbas à New York.
« La France prendra ses responsabilités sur la question de la reconnaissance de l'État de Palestine. Notre position sera guidée par la triple préoccupation de préserver la perspective d'une relance du processus de négociations, d'éviter une confrontation diplomatique et de maintenir une unité européenne », a complété le Quai d'Orsay. De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a précisé qu'avec « les autres pays de l'Union européenne, nous n'avons pas divulgué notre position sur la manière dont nous voterons (…) afin d'exercer un maximum de pression sur les deux parties pour revenir à la table des négociations ». En cas de vote, les pays européens pourraient s'abstenir.
La désunion européenne reflète la situation internationale. Si les États-Unis pourraient utiliser leur droit de veto, Israël menace de représailles politiques et économiques mais se dit prêt à reprendre les négociations immédiatement. La Turquie est, elle, dévouée à la cause des Palestiniens. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a souligné que la reconnaissance d'un État palestinien « n'est pas une option, mais une obligation ». « Il est temps de hisser le drapeau palestinien aux Nations unies (…) et qu'il devienne le symbole de la paix et de la justice au Moyen-Orient. Apportons notre contribution à l'établissement d'une paix et d'une stabilité bien méritées au Moyen-Orient », a déclaré M. Erdogan en visite au Caire. La Russie, la Chine, l'Afrique du Sud, le Brésil, et l'Inde, qui font partie du Conseil de sécurité, devraient aussi soutenir la demande palestinienne. (CG)