login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10456
Sommaire Publication complète Par article 14 / 40
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/environnement

En route pour la croissance durable économe en ressources

Bruxelles, 20/09/2011 (Agence Europe) - Le temps des ressources abondantes et bon marché est révolu, celui de l'utilisation efficace des ressources planétaires est venu - un processus que Janez Potoènik, commissaire européen à l'Environnement, qualifie de « révolution du bon sens » pour l'Europe et pour le monde, dans le respect des contraintes et limites de la planète.

Avec la feuille de route « Vers une Europe efficace dans l'utilisation des ressources », adoptée mardi 20 septembre par le collège (EUROPE n° 10455 et n° 10452), la Commission européenne lance des pistes de réflexion et d'action pour transformer l'économie, rendre l'Europe moins dépendante des importations de ressources stratégiques de plus en plus onéreuses et réussir le pari de la croissance durable d'ici à 2050, avec pour étape à moyen terme l'horizon 2020. Cela, en économisant toutes les ressources - les services liés aux écosystèmes, la biodiversité, les minéraux, les métaux, l'eau, l'air, les sols et les ressources marines - et en faisant porter l'effort sur l'alimentation, les bâtiments et les transports/la mobilité, trois secteurs prioritaires responsables, à eux seuls, de 70% à 80% des impacts sur l'environnement.

Pour la fixation d'objectifs chiffrés et d'indicateurs, il faudra attendre 2013, à l'issue d'une vaste consultation de toutes les parties prenantes (experts, États membres, Commission, ONG, entreprises et consommateurs) et d'une évaluation d'impact approfondie d'éventuelles propositions législatives. Pour l'heure, le seul objectif dont il soit question est celui de la productivité des ressources rapportée au PIB. Au grand dam des environnementalistes qui attendaient plus. « La feuille de route est un agenda en matière d'avenir durable, un agenda pour un meilleur environnement, mais aussi pour la compétitivité de l'avenir, pour les emplois et la croissance », a déclaré Janez Potoènik en présentant à la presse ce document qui complète l'initiative phare « Efficacité des ressources EUROPE 2020 » en ouvrant la voie à des initiatives concrètes. « Nous n'avons pas la naïveté de penser que la feuille de route apporte toutes les réponses nécessaires, mais nous espérons sincèrement qu'elle marquera le début d'un processus cohérent, organisé et irréversible débouchant sur un avenir efficace dans l'utilisation des ressources », a-t-il précisé.

La feuille de route recense les activités et incitants nécessaires pour promouvoir des modes de production et de consommation durables. Elle recommande une bonne intégration de toutes les politiques, le recours aux instruments fondés sur le marché, l'élimination des subventions nuisibles à l'environnement, le transfert de la fiscalité du travail vers la fiscalité de la ressource. Elle propose aussi des actions concrètes pour les prochaines années pour toutes les ressources et principaux domaines économiques, et les structures nécessaires pour la gouvernance et le suivi, dans le cadre du 'Semestre européen'. L'établissement d'une plate-forme de transition rassemblant toutes les parties prenantes et la création d'une table ronde sur l'efficacité financière ont les faveurs de la Commission.

« Aujourd'hui, la crise financière est financière et principalement le résultat d'emprunts excessifs mais ça n'est pas le seul endettement excessif de notre époque. Tout au long du XXème siècle, nous avons réalisé une croissance éco fantastique mais qui a eu son prix. Elle reposait sur l'utilisation non durable de ressources limitées. L'Europe a les importations nettes les plus élevées au monde de ressources par personne. Et notre économie dépend fortement des matières premières et de l'énergie importées. Toutefois l'offre est limitée Nous avons de bonnes raisons de croire que nous empruntons déjà sur les ressources de l'avenir. Si nous ne modifions pas la manière dont nous produisons et consommons d'ici à 2050, nous pourrions avoir besoin de trois fois plus de ressources: 104 milliards de tonnes pour assurer notre mode de vie, d'après les estimations du PNUE. Les demandes en denrées alimentaires, aliments pour animaux et fibres augmenteront de 70%. Or, 60% des écosystèmes qui sous-tendent ces ressources sont déjà dégradées. Nous devons nous préparer à des changements fondamentaux. C'est pour cela que la Commission appelle à un changement sur une grande échelle vers une société efficace en ressources, une société qui économise les ressources parce que cela est possible C'est un défi mondial et non européen», a expliqué Janez Potoènik. Et de faire observer que certaines économies majeures ont d'ores et déjà pris en compte ce nouveau paradigme: « C'est évident dans la politique industrielle du Japon et de la Corée, et dans le dernier plan quinquennal chinois ».

Les environnementalistes sont déçus. Les Verts/ALE au Parlement se réjouissent que la Commission reconnaisse l'importance de l'efficacité des ressources mais déplorent l'absence d'objectifs clairs et de nouvelles mesures concrètes d'application immédiate pour l'améliorer, alors même que « réduire notre consommation nette de ressources importées devrait être une priorité urgente ». Bas Eickhout (Vert, Pays-Bas) est déçu que « au lieu de proposer des objectifs clairs et robustes pour stimuler les investissements et l'éco-innovation, la Commission compte sur des étapes volontaires pour améliorer notre utilisation des ressources ». Même réaction chez Friends of the Earth Europe pour qui la feuille de route est trop vague et ne va pas assez loin pour mettre un terme à la surconsommation européenne des ressources mondiales. L'ONG demande des indicateurs pour mesurer son empreinte globale cumulée sur les ressources terrestres, marines, sur les matières premières, ainsi que son empreinte carbone. (AN)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES