Wroclaw, 20/09/2011 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Énergie, réunis les 19 et 20 septembre en Conseil informel à Wroclaw (Pologne), ont débattu de la politique énergétique extérieure de l'Union, des nouvelles infrastructures énergétiques à mettre en place et des conséquences qu'aura pour l'UE le choix allemand d'un retrait du parc nucléaire.
Pour le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, la préférence européenne pour un développement de l'énergie gazière n'est pas un secret: « Le gaz va jouer un rôle croissant dans le développement de notre politique énergétique. Nous devons développer des infrastructures qui vont dans ce sens, cela implique la transmission de l'électricité et du gaz, mais aussi leur stockage ». En octobre, des propositions législatives dans ce sens seront présentées. D'un avis commun, le commissaire et le ministre polonais de l'Économie, Waldemar Pawlak, parlent d' « un plan historique de développement des infrastructures pour l'expansion d'un réseau de gaz et de l'électricité ». L'accélération des procédures devrait être la clé de ces nouvelles législations. D'autres partenaires clefs prendront part au développement de ces infrastructures: « En dehors de l'UE, d'autres pays de la communauté énergétique sont partenaires: l'Islande, la Norvège et la Suisse mais aussi l'Albanie, la Bosnie, la Macédoine, la Géorgie, la République du Kosovo, la Moldavie, le Monténégro et l'Ukraine », précise le ministre polonais, avant d'ajouter: « C'est une politique importante pour l'UE mais aussi pour les partenaires voisins. Début septembre, nous avons commencé en Pologne l'exploitation industrielle du gaz de schiste: ça change la balance énergétique dans l'UE ».
La décision unilatérale allemande d'un retrait du parc nucléaire d'ici à 2022 a occupé une large place dans le débat des ministres européens de l'Énergie. « Le choix allemand a des conséquences sur le système énergétique européen », avoue le ministre polonais Waldemar Pawlak, « surtout que des plans similaires sont à prévoir en Italie et en Suisse ». La présidence polonaise conçoit que de tels choix énergétiques appartiennent à la souveraineté des pays membres, mais elle insiste sur la nécessité d'une coordination européenne: « Nous devons nous tenir au courant, les uns les autres, pour être capables de prendre les meilleures décisions ». Le commissaire européen Günther Oettinger, lui, préfère relativiser sur les conséquences européennes de l'arrêt nucléaire allemand: « Il s'agit de 5 % de production d'électricité en moins ». (VW)