Bruxelles, 29/06/2011 (Agence Europe) - REMDH, le Réseau EuroMéditerranéen des droits de l'Homme, dont le comité exécutif s'est réuni du 24 au 26 juin 2011 au Caire, a évalué la situation dans la région et fait savoir qu'il « désapprouve profondément les politiques migratoires » adoptées par le Conseil européen le 24 juin 2011. « Il est urgent que l'Union européenne et ses voisins du sud de la Méditerranée favorisent, sans conditions préalables, la mobilité des citoyens des deux rives et leur libre circulation. Ceci permettra de promouvoir le développement de la région ainsi que la dignité des citoyens », affirme le Réseau dans sa déclaration.
Sur la situation sur place, REMDH note positivement l'évolution en Égypte et « souligne l'importance des défis » posés à ce pays mais il « constate avec inquiétude » les dérives sécuritaires que ses membres disent constater: des milliers de procès devant les tribunaux militaires, sans égards pour les garanties essentielles d'un procès équitable, inquiétude face à l'absence de mesures pour mettre un terme aux décennies d'impunité des membres de la police qui se sont rendus coupables de graves violations des droits de l'Homme, non levée de l'état d'urgence, maintien des tribunaux d'exception. Il a aussi manifesté son « inquiétude en raison du manque de transparence des décisions prises par le gouvernement égyptien transitoire et par le Conseil supérieur des Forces armées ». Il a par ailleurs exprimé sa préoccupation « de voir que les dates des élections parlementaires et présidentielles n'ont pas encore été rendues publiques ».
Le comité exécutif de REMDH condamne la poursuite des massacres en Lybie et exprime sa solidarité avec les défenseurs des droits de l'Homme en Syrie. « Les autorités syriennes doivent permettre l'accès à leur pays de la mission du Haut Commissariat pour les droits de l'Homme ». Le Comité exécutif a relevé des « éléments positifs dans les réformes constitutionnelles proposées au Maroc » mais « regrette que le projet de réforme constitutionnelle ne garantisse pas pleinement la séparation des pouvoirs et, par voie de conséquence, l'état de droit ». Comme il « déplore que peu de temps soit accordé au débat démocratique sur les réformes proposées avant le Référendum prévu le 1er juillet 2011 ».
Par ailleurs, il condamne « la politique de colonisation permanente, agressive et illégale du gouvernement israélien qui constitue un obstacle majeur à la paix et qui menace la viabilité de la solution des deux États. L'établissement d'un État palestinien sur les frontières de 1967 et la mise en place d'un gouvernement démocratiquement élu par le peuple palestinien doivent être appuyés par la communauté internationale, y compris l'Union européenne ». (F.B.)