Bruxelles, 29/06/2011 (Agence Europe) - À peine nommée, la première femme à diriger le Fonds monétaire international (FMI), la Française Christine Lagarde, sera pleinement impliquée dans les discussions entourant un deuxième sauvetage de la Grèce. L'ancienne ministre française de l'Économie, qui connaît sur le bout des doigts la situation des trois pays de l'Eurozone bénéficiant d'une aide financière internationale (Grèce, Irlande, Portugal), prendra ses fonctions mardi 5 juillet à Washington. Elle ne devrait pas représenter le FMI à la réunion extraordinaire de l'Eurogroupe, dimanche 3 juillet, convoquée pour faire le point sur la situation en Grèce après que le parlement grec se sera définitivement prononcé sur la stratégie budgétaire 2011-2015 impliquant des mesures additionnelles d'austérité de 28 milliards que préconise le gouvernement grec (voir autre nouvelle). Mme Lagarde pourrait en revanche être de retour en Europe pour assister à l'Eurogroupe du lundi 11 juillet. Les ministres de la zone euro seront en effet appelés à décider des modalités d'un deuxième sauvetage de la Grèce d'environ 110 milliards d'euros, en étroite coopération avec le FMI. Si le scénario échafaudé par les créanciers institutionnels d'Athènes se déroule comme prévu.
Très prompt mardi soir à réagir, le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos a souhaité « bonne chance au nom du gouvernement grec » à la nouvelle patronne du FMI pour un mandat de cinq ans. Le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso a souligné « l'expertise, l'expérience et le talent » de Mme Lagarde, ainsi que sa « détermination à faire avancer l'intégration européenne » dans un contexte marqué par la crise financière. Son homologue du Conseil européen Herman Van Rompuy s'est félicité de cette « très bonne nouvelle pour l'Europe ».
Avec près de 40% des droits de vote au FMI et le soutien des États-Unis qui disposent d'un droit de veto, les Européens sont parvenus à conserver leur mainmise sur le FMI. Les pays émergents avaient néanmoins ouvertement tenté de remettre en cause la coutume selon laquelle les Européens dirigent le FMI et les États-Unis la Banque mondiale. Mais ils n'ont pas réussi à se ranger derrière une candidature unique, comme celle du gouverneur de la Banque centrale mexicaine Augustín Carstens. Mme Lagarde a promis qu'elle poursuivrait la politique engagée par le FMI visant à attribuer aux pays émergents un rôle au sein de l'institution qui corresponde davantage à leur poids économique. (M.B.)