Bruxelles, 23/06/2011 (Agence Europe) - Après avoir annulé à la dernière minute la conférence de presse qui suit traditionnellement la réunion des dirigeants socialistes européens avant les Conseils européens, c'est par voie de communiqués de presse que le Parti socialiste européen (PSE) a fait savoir jeudi après-midi 23 juin ses attentes et desirata aux chefs d'État et de gouvernement. « Le problème n'est pas l'Europe mais la dominance conservatrice » du Conseil européen qui, avec son « obsession de l'austérité et les coupes (des dépenses), ignore les besoins des peuples européens », a déclaré le président du PSE, le Danois Poul Nyrup Rasmussen. Le PSE propose donc une « stratégie alternative » pour sortir de la crise économique et financière, une stratégie « basée sur les investissement et la modernisation ». « Nous devons passer du chaos économique à une gouvernance économique raisonnable. Cependant, les propositions actuelles sur la table du Conseil européen n'y aboutiront pas », estime M. Rasmussen qui déplore qu' « après 18 mois, la majorité conservatrice donne toujours de fausses réponses aux défis économiques, sociaux et moraux qui sont devant nous ». Le PSE propose entre autres la création d'un « mécanisme de solidarité pour les pays qui sont le plus frappés par la spéculation » ainsi que d'un autre « mécanisme pour la gestion commune d'une certaine partie de la dette publique ». Les socialistes demandent aussi l'introduction d'une taxe sur les transactions financières.
Pour Martin Schulz, le chef du groupe socialiste (S&D) au Parlement européen, il est temps que les dirigeants fassent preuve « de courage et d'unité dans leur réponse à la crise ». « Nous n'avons pas besoin de moins d'Europe mais de plus d'Europe. Nous avons besoin de davantage de courage, et de ressources européennes suffisantes, pour sortir de cette crise », a-t-il dit. Il a plaidé pour l'introduction d'une taxe sur les transactions financières et sévèrement critiqué les agences de notation. « Qui est derrière eux ? Qui paie les agences pour leurs notations ? ». Le politique doit reprendre le contrôle des affaires publiques au lieu de laisser le champ libre aux spéculateurs et aux puissantes entreprises, estime M. Schulz. « Les chefs d'État et de gouvernement doivent avoir le courage de reprendre en main les commandes des affaires d'État. Ils ne peuvent le faire que s'ils sont unis. Ils ne pourront pas le faire si chacun suit des chemins différents, affirme l'eurodéputé allemand. Et M. Schulz de terminer sur un ton particulièrement grave: « L'unification européenne sera en grand danger si nous ne parvenons pas à tenir l'Europe ensemble. Si l'Union européenne éclatait, ce ne serait pas seulement une union politique qui s'écroulerait. Les démons du 20ème siècle qui ont presque détruit ce continent, réapparaîtraient rapidement ». (H.B.)