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Bulletin Quotidien Europe N° 10404
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/Énergie

Efficacité énergétique, le projet de directive déçoit

Bruxelles, 23/06/2011 (Agence Europe) - Le projet de directive sur l'efficacité énergétique mis sur la table mercredi 22 juin par la Commission laisse perplexe au Parlement européen et parmi les groupes de pression, les ONG et associations industrielles. Nombreux sont ceux qui jugent ce texte insuffisant en vue d'améliorer l'efficacité énergétique de 20% d'ici 2020 et plaident pour un objectif contraignant d'économie d'énergie.

Au Parlement européen, les députés écologistes du groupe des Verts sont évidemment les plus critiques avec l'exécutif européen, dont le projet de directive « ne permettra pas à l'UE d'atteindre son objectif de 20% d'économie d'énergie d'ici 2020 ». « Certes, il est important que cette directive soit sur la table. Après deux ou trois ans d'attente, on va enfin pouvoir renforcer la législation. Mais l'objectif global de réduction de la consommation d'énergie pour les États membres n'est toujours pas contraignant. Or, c'est le principal outil pour pousser les États à agir », regrette Claude Turmes. Le groupe des socialistes et démocrates insiste lui aussi sur la nécessité d'un objectif contraignant. « Les propositions spécifiques sur comment atteindre l'objectif de 20% sont un pas en avant, mais nous voudrions voir les objectifs contraignants avant 2014. L'efficacité n'est pas seulement nécessaire pour lutter contre le changement climatique, elle est aussi la clé de la reprise économique et de la sécurité énergétique en Europe », souligne la Suédoise Marita Ulvskog. Au PPE, on est plus confiant. « Nous avons enfin un paquet d'incitations et d'obligations sur la table qui vont aider à atteindre les objectifs de 20% », se félicitent l'Allemand Peter Liese et l'Autrichien Richard Seeber.

Les critiques fusent aussi du côté des ONG environnementalistes. Pour Friends of the Earth, le nouveau projet de directive est « trop timide » pour atteindre les « ambitions modestes » de l'UE en matière d'économie d'énergie. « En proposant seulement des objectifs volontaires, en dépit d'une évaluation d'impact qui conclut que seuls des objectifs contraignants permettront d'atteindre l'objectif de 20%, la directive est vouée à l'échec », juge l'association écologiste. « Malheureusement, la Commission ne propose pas d'objectif contraignant mais seulement une poignée de mesures supplémentaires au cadre actuel qui ne permettront pas aux États membres d'atteindre un niveau bénéfique d'économie d'énergie », déplore pour sa part la WWF.

Pour les 22 membres - ONG et associations industrielles - de la Coalition pour les économies d'énergie, la directive est une « opportunité manquée ». « Le texte est un sérieux revers pour l'engagement de l'UE en faveur des économies d'énergie. Le projet de texte doit donc être renforcé en substance pour que l'Europe réalise ses objectifs en matière climatique et d'efficacité énergétique », souligne la coalition, qui pointe également du doigt le manque de clarté sur le processus de révision en 2014, « puisque l'introduction d'objectifs contraignants sera déférée à la prochaine Commission ».

Du côté des consommateurs, le BEUC se contente de rappeler le rôle essentiel des compteurs intelligents, dont le coût d'installation devrait être équitablement partagé avec l'industrie.

Pour l'industrie de l'isolation (association Eurima), la Commission se contente d'énumérer des mesures individuelles et manque de vision à long terme sur le rôle stratégique de l'efficacité énergétique.

L'association des chambres européennes de commerce et d'industrie Eurochambres privilégie les incitations flexibles, l'information ciblée et la sensibilisation des consommateurs. « L'approche basée sur des mesures contraignantes va créer des charges inutiles, comparée à l'approche volontaire basée sur des services de conseil pour mieux informer les consommateurs d'énergie et les encourager à accroître leur performance en matière d'économie d'énergie », souligne l'association.

Dans un communiqué conjoint, l'Association européenne pour la promotion de la cogénération en Europe (Cogen), la confédération de l'industrie de l'alimentation et des boissons (CIAA), la Confédération des industries du papier (CEPI) et l'Association européenne de l'industrie céramique (Cerame-Unie) saluent le « fort encouragement » apporté par la proposition de texte à la cogénération. Les mesures en faveur de la production simultanée d'électricité et de chaleur « signalent l'intention claire de la Commission d'éliminer les barrières et de créer un cadre propice pour les opérateurs de la cogénération », souligne la coalition. (E.H.)

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