Bruxelles, 23/06/2011 (Agence Europe) - Les classements d'universités manquent de transparence et induisent en erreur les étudiants qui les consultent mais aussi les universités qui, pour améliorer leur rang, investissent dans des activités secondaires au détriment de leurs missions principales que sont l'enseignement et la formation, prévient l'Association européenne des universités (EUA) dans une nouvelle étude. Intitulée « Global university ranking and their impact », celle-ci passe au crible treize classements les plus connus.
Shanghai, Times Higher Education (THE), QS, etc., les classements internationaux d'universités se multiplient et rencontrent un certains succès auprès du public. Par conséquent, il est difficile pour les recteurs de ne pas se laisser influencer malgré les lacunes manifestes que ces classements présentent. Pour citer un rapport de la Commission européenne, les classements internationaux « jouissent d'un haut niveau d'acceptation parmi les parties prenantes et le grand public en raison de leur simplicité et du type d'information axées sur les consommateurs ». Ces classements donnent en effet une « vue d'ensemble trop simplifiée » de la mission institutionnelle des établissements, de leurs qualités et de leur performances, en se focalisant essentiellement sur des indicateurs relatifs à leurs fonctions de recherche, regrette l'EUA. L'Association européenne des universités dénonce également les critères choisis pour mesurer les performances. Ainsi, le classement de Shanghai n'évalue-t-il le volet formation qu'à la seule présence de prix Nobel dans le corps enseignant. « Il est vital pour les universités et les différentes parties prenantes d'être conscientes du degré de transparence de ces classements et, du point de vue de l'utilisateur, des relations entre ce qui est dit être mesuré et ce qui l'est réellement, comment les scores sont calculés et, encore plus important, ce qu'ils signifient », souligne l'EUA. Autre critique: les classements internationaux ne prennent en compte qu'un pourcentage limité et finalement peu représentatif d'universités -généralement des institutions importantes axées sur la recherche- soit entre 1% et 3% seulement des 17 000 universités qui existent dans le monde (donc un échantillon entre 200 et 500 universités). Des initiatives européennes récentes comme le « U-multirank » ont été lancées récemment afin d'élargir les critères des classements actuels et de prendre en considération toutes les missions poursuivies par les universités, mais les données comparatives au niveau international manquent et sans elles il est difficile d'établir un classement fiable conclut l'EUA. (I.L.)