Bruxelles, 23/06/2011 (Agence Europe) - Sept responsables européens se sont réunis, jeudi 23 juin, pour plancher sur les éléments principaux d'une déclaration sur la crise de la dette grecque qui menace de déstabiliser l'Eurozone, quelques heures avant le début du Sommet européen (EUROPE n°10403). Ont participé à la réunion en comité restreint, convoquée par Berlin, les dirigeants allemand, français, grec, les présidents du Conseil européen, de l'Eurogroupe, de la Commission européenne et de la BCE.
Même si aucune décision ne semble attendue lors du sommet, les Vingt-sept transmettront un message de solidarité conditionnelle à la Grèce afin de rassurer les marchés financiers déboussolés par les messages contradictoires, leurs partenaires internationaux et les citoyens européens qui s'interrogent sur leur capacité à trouver une issue définitive à la crise de la dette souveraine dans l'Eurozone.
Les leaders reconnaîtront les résultats réels dans la mise en œuvre du programme d'austérité grec actuel, comme une réduction de 5% en 2010 de son déficit public. Soulagés par la confiance accordée au gouvernement remanié de M. Papandréou, les Vingt-sept presseront Athènes d'adopter, mardi 28 juin, des mesures additionnelles d'austérité (28 milliards d'euros de coupes budgétaires et d'augmentation d'impôts) et d'entériner un programme accéléré de privatisations censé rapporter 50 milliards d'euros d'ici 2015. Les créanciers institutionnels (UE, FMI) du pays en ont fait une condition du versement, début juillet, de la 5ème tranche d'aide de 12 milliards d'euros prévue dans le programme grec actuel. « Il n'y a pas de plan B »: si la Grèce fait ce qu'elle doit faire, l'Europe fera le nécessaire, a prévenu le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker à son arrivée au Sommet européen. À Athènes, où il a reçu jeudi la troïka (UE, BCE, FMI), le ministre des Finances Evangélos Venizélos a tenté de modifier le volet fiscal du nouveau programme grec afin de moins ponctionner les revenus et plus la consommation de produits pétroliers.
Les Européens devraient faire pression sur l'opposition politique grecque, qui a refusé sa confiance au gouvernement grec dans l'espoir d'élections anticipées. Jeudi lors du Sommet du PPE (voir autre nouvelle), le leader de 'Néa Dimokratía', Antónis Samarás, a encore rejeté les mesures préconisées. « La politique mise en œuvre par les socialistes requiert une hausse de la taxation dans une économie en proie à une récession sans précédent. (…) Nous avons besoin de mesures correctives pour garantir que l'économie grecque retrouve la croissance et rembourse sa dette », a-t-il souligné.
Seront également évoquées les modalités de la contribution du secteur privé aux coûts d'un 2ème sauvetage financier, d'une enveloppe proche de 100 milliards d'euros, sur la base des principes énoncés par Berlin et Paris et de la récente déclaration de l'Eurogroupe (EUROPE n°10400 et n°10401). Prévaut donc la ligne défendue par la BCE qui prône une participation volontaire des créanciers privés. Ceux-ci seront invités à racheter, aux mêmes conditions, leurs titres de dette grecque arrivant à échéance ('principe du roll over'). Déjà dans plusieurs pays (Allemagne, France, Belgique, Espagne), les secteurs bancaire et assurantiel ont commencé à discuter avec les autorités sur les modalités d'implication de la contribution du secteur au nouveau sauvetage de la Grèce. Nous pensons que des discussions « décentralisées » sur un 'roll over', à travers lesquelles les ministères des Finances contactent les investisseurs privés, constituent « la meilleure méthode », a estimé le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, au sommet du parti libéral européen.
Les Européens devraient se prononcer sur les propositions de M. Barroso d'apporter une assistance complémentaire à la Grèce par le biais d'une meilleure absorption des fonds structurels. (M.B./H.B.)