Bruxelles, 21/03/2011 (Agence Europe) - Alors que près de 1 630 migrants sont arrivés entre dimanche 20 mars et lundi 21 mars à Lampedusa, selon l'AFP, les habitants de cette petite île italienne ont commencé vendredi 18 mars à protester contre ces arrivées - plus de 10 000 depuis début février-, empêchant même des migrants de débarquer. Ils dénoncent notamment le manque de capacités dont dispose l'île, avec un centre de rétention de 850 places pour un total de 4000 migrants présents sur l'île. « Le gouvernement ne respecte pas le peuple et met gravement en danger les citoyens de Lampedusa », a dit le maire de Lampedusa, Bernardino De Rubeis, cité par Ansa, ajoutant qu'il y a un « risque d'affrontements avec les forces de sécurité ». M . De Rubeis a encore dénoncé l'attitude du gouvernement de Silvio Berlusconi dans la prise en charge des migrants, la jugeant « honteuse », selon la même agence. « L'Italie accepte que des milliers d'immigrants soient traités comme des animaux et contraints de dormir sous la pluie, toute l'Italie devrait avoir honte », a-t-il encore dit. La Croix-Rouge a également qualifié d'« inacceptables » les conditions dans le centre d'accueil.
Lundi 21 mars, c'est le chef de la diplomatie italienne qui a à son tour de nouveau exhorté ses partenaires européens à aider son pays pour faire face au risque d'afflux de réfugiés et d'immigrants en provenance d'Afrique du Nord et notamment de Libye, indique l'AFP. « Nous voulons partager le fardeau très lourd de l'immigration illégale avec tous les partenaires, à commencer par les partenaires européens », a-t-il dit. Dimanche, la Libye avait annoncé avoir décidé « de ne plus coopérer avec l'Union européenne dans sa lutte contre l'immigration clandestine », par la voix d'un responsable de la sécurité cité par la télévision officielle libyenne. (S.P.)