Bruxelles, 03/03/2011 (Agence Europe) - En matière d'OGM, il faut garantir aux agriculteurs comme aux consommateurs, tant la liberté de choix que la sécurité, mais, à l'évidence, c'est plus facile à dire qu'à faire. Tous en sont convenus, lors de l'audition publique organisée mercredi 2 mars au Parlement européen à Bruxelles, sous la présidence de Catherine Soullie (PPE, française), rapporteur fictif du groupe PPE sur la proposition de la Commission visant à donner aux États membres la liberté de limiter ou d'interdire sur leur territoire la culture d'OGM légalement autorisés dans l'UE.
Rappelant les divergences d'approche des États membres dont huit ont décrété un moratoire sur la culture d'OGM pourtant autorisés, John Dalli, commissaire européen à la Santé et la protection des consommateurs, a une nouvelle fois assuré que ses « décisions seront fondées sur des évaluations scientifiques ». Pour faire avancer le débat, il a toutefois annoncé la tenue prochaine d'une série d'ateliers avec l'ensemble des parties prenantes.
De l'avis de Catherine Soullie, « la discussion sur les OGM doit s'inscrire dans le cadre plus large de la révision de la politique agricole commune » et il convient de trouver le juste équilibre entre la nécessité de donner aux agriculteurs européens les moyens d'affronter une concurrence extérieure toujours plus grande, et celle de garantir la liberté de choix et la sécurité aux consommateurs. « Oui, il nous faut construire une agriculture compétitive sur le marché mondial, mais jamais au détriment de la sécurité des consommateurs européens », a insisté l'eurodéputée.
Or, selon elle, la proposition de la Commission, qui sera examinée le 12 avril prochain par la commission de l'environnement et de la santé publique du Parlement, est loin d'être satisfaisante. « Si la proposition est adoptée telle quelle, la responsabilité de l'autorisation ou de l'interdiction de la culture d'OGM reposera sur les seuls États membres. Si nous voulons préserver la cohérence de notre marché intérieur, un système qui crée de la distorsion de concurrence entre nos agriculteurs ne peut être une solution ». Des critiques déjà entendues au sein du Conseil de l'UE. La question sera d'ailleurs de nouveau à l'ordre du jour du Conseil Environnement le 14 mars prochain. (A.N.)