Bruxelles, 03/03/2011 (Agence Europe) - Après un premier report le 17 février dernier, les groupes Verts/ALE, S&D, ADLE et GUE/NGL tenteront à nouveau le 10 mars prochain à Strasbourg de faire adopter leur projet de résolution relatif à la loi hongroise sur les médias. La décision a été confirmée jeudi 3 mars au matin lors de la conférence des présidents de groupes du PE. Un projet auquel reste opposé le groupe PPE qui n'a cependant pas voté contre cet agenda.
Le 17 février dernier, les quatre groupes avaient en effet dû renoncer à l'idée de faire voter leur projet de résolution commun à la toute dernière minute puisque les autorités hongroises avaient annoncé la veille de leur vote avoir suivi l'intégralité des requêtes de la Commission européenne concernant les points litigieux de la loi sur les médias et être prêts à déposer leurs amendements aussitôt devant le parlement hongrois. Une annonce saluée haut et fort le même jour par la commissaire en charge des Médias, Neelie Kroes, qui avait ainsi court-circuité la résolution des groupes.
Pour rappel, Mme Kroes avait identifié quatre domaines problématiques dans la loi hongroise, entre l'obligation d'enregistrement des médias audiovisuels ou autres blogs audiovisuels, les sanctions applicables en cas de non-respect de la législation, la couverture équilibrée des événements pour les médias audiovisuels ou bien encore des sanctions pour « outrage », jugées trop floues par la Commission européenne. Autant de points sur lesquels Budapest s'était donc dite prête à avancer, la polémique prenant donc terme entre la Hongrie et la Commission européenne.
Mais pour les groupes du PE, à l'exception du PPE, qui travailleront à nouveau à mettre au vote une résolution commune, le conflit n'est pas vraiment terminé, comme l'indique une source des Verts, la Commission « ayant manqué l'essentiel » depuis le début, comme par exemple la question de l'indépendance du Conseil des médias hongrois et sa composition particulièrement politique, l'essentiel de ses membres étant proches du parti Fidesz au pouvoir. Les groupes souhaitaient aussi reprendre les préoccupations soulevées tant par l'OSCE que par le Conseil de l'Europe. Autant de points qui figureront à nouveau dans leur projet de résolution. (S.P.)