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Bulletin Quotidien Europe N° 10315
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/algÉrie

Buzek veut que l'appel du peuple soit écouté

Bruxelles, 14/02/2011 (Agence Europe) - L'Algérie a connu samedi 12 février un début d'agitation populaire qui pourrait faire de ce pays le troisième de l'Afrique du Nord, après la Tunisie et l'Égypte, à subir la pression de la rue exigeant des changements de politique et de leaders. Quelques milliers de personnes (250, selon la presse gouvernementale) se sont trouvées face à près de 30.000 policiers, qui ont finalement empêché la manifestation de prendre toute son ampleur. Plus de 300 manifestants, selon la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme, ont été interpellés. La coordination de l'action populaire ne baisse pas les bras et elle a l'intention d'organiser une nouvelle marche à Alger le 19 février prochain.

Jerzy Buzek. La première réaction européenne enregistrée a été celle du président du Parlement européen Jerzy Buzek, qui, dans une déclaration, a dit: « Je demande aux autorités algériennes de s'abstenir de toute violence et de respecter le droit de leurs citoyens de manifester pacifiquement. Tous les manifestants arrêtés devraient être libérés immédiatement. Le maintien de l'état d'urgence est injustifiable et entrave clairement la perspective pour l'Algérie d'un développement équitable, pacifique et durable du pays. J'ai salué au début du mois l'annonce par le président Bouteflika de la levée de l'état d'urgence en Algérie. Mais ce n'est qu'une première étape qui doit être réalisée. Les groupes d'opposition, la société civile et surtout les jeunes devraient avoir le droit d'exprimer librement leurs critiques contre le gouvernement. Aucun gouvernement ne peut ignorer l'appel de son peuple ».

La presse. En Algérie, la presse gouvernementale se veut rassurante: « Une ambiance calme et sereine régnait samedi dans plusieurs quartiers d'Alger, où les citoyens vaquaient à leurs occupations quotidiennes », écrit El-Moujahid. Mais les images diffusées par les télévisions satellitaires, notamment européennes (BBC-arabic, France24 arabe, Euronews arabe, etc.) semblent démentir ces impressions. Dans la presse indépendante, le constat est inverse et amène ses éditorialistes à mettre en garde le gouvernement. « Après la Tunisie et l'Égypte, personne ne pourra dire qu'il n'était pas au courant de la pauvreté endémique et des attentes d'ouverture politique de sa population, des dégâts de la concentration de tous les pouvoirs et des conséquences du pillage des richesses du pays », écrit le quotidien Liberté. Pour el-Watan, « en faisant le choix de la répression …, le pouvoir algérien a encore détérioré son image tant au niveau interne qu'au plan externe … Les expériences de la Tunisie et de l'Égypte montrent aujourd'hui amplement que le recours à la répression, à l'interdit et le refus du dialogue et du changement mènent irrémédiablement à l'impasse, voire à la catastrophe ». (F.B.)

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