Bruxelles, 14/02/2011 (Agence Europe) - Catherine Ashton était lundi 14 février à Tunis pour discuter avec le gouvernement provisoire et des responsables de la société civile des instruments que l'UE est prête à mobiliser pour soutenir le processus de transition démocratique et le développement socio-économique du pays. Le Haut représentant pour les Affaires étrangères a aussi évoqué avec le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi la hausse spectaculaire des flux d'immigrés clandestins vers l'île italienne de Lampedusa, un problème qui préoccupe beaucoup Rome (voir autre nouvelle). La visite de Mme Ashton intervenait au lendemain de la démission du ministre tunisien des Affaires étrangères, Ahmed Ounaies, poussé à la porte par des protestations menées par des agents et cadres de son propre ministère. La capitale tunisienne était la première étape d'une tournée de plusieurs jours dans la région qui doit mener Mme Ashton aussi en Israël, dans les territoires palestiniens, au Liban, en Jordanie et, peut-être, en Égypte (voir autre nouvelle).
Paquet de mesures d'aide. Suite à la visite de hauts fonctionnaires européens à Tunis la semaine dernière, le service européen pour l'action extérieure (SEAE) a préparé un paquet de mesures d'aide que l'UE est prête à fournir au gouvernement provisoire tunisien, s'il le souhaite. Ces mesures ont aussi été discutées lundi entre Mme Ashton et le Premier ministre Mohamed Ghannouchi. Elles concernent notamment: - la préparation des élections libres et démocratiques dans les mois à venir. Trois experts de l'UE sont déjà à Tunis depuis la semaine dernière pour apporter leur savoir-faire aux autorités tunisiennes dans ce domaine, y compris pour réformer la loi électorale. L'UE est aussi prête à déployer une mission d'observation des élections de plusieurs mois pour superviser la campagne et le déroulement du scrutin, expliquent des diplomates européens ; - le développement de la société civile (l'UE a une expérience considérable dans ce domaine) ; - la réforme du secteur judiciaire afin de mettre en place « une justice compétente et indépendante, clé de voûte de toute démocratie » (un diplomate européen) ; - le développement socio-économique, notamment des régions au centre et au sud du pays. L'UE est prête à transmettre son savoir-faire en matière de politique régionale et de cohésion. Elle veut aussi étudier la possibilité d'une intervention de la Banque européenne d'investissement (BEI) pour développer les infrastructures et entend organiser une conférence internationale d'investisseurs afin d'augmenter la confiance des investisseurs dans la Tunisie, expliquent des sources européennes ; - l'UE est aussi prête à adapter et à accélérer les pourparlers en cours sur le « statut avancé » des relations avec Tunis. Mme Ashton devait donner une conférence de presse à Tunis en fin de journée. EUROPE y reviendra demain. (H.B.)