Bruxelles, 14/02/2011 (Agence Europe) - Les ministres des Finances des pays de la zone euro discutaient, lundi 14 février, d'une réponse exhaustive à apporter à la crise de la dette qui secoue l'Eurozone. Une telle réponse repose sur trois piliers: renforcement du Pacte de stabilité et de croissance, stimulation de la compétitivité et élaboration de mécanismes adéquats d'aides financières. Il s'agit à ce stade de préparer le terrain de vue des décisions que prendra, vendredi 11 mars, un Sommet extraordinaire de la zone euro. Les coûts d'emprunt du Portugal ont de nouveau atteint un niveau presque insoutenable, ce pays de la zone euro étant considéré comme le plus en difficulté parmi ceux n'ayant pas sollicité d'aide financière.
« Nous avons dit qu'il doit s'agir d'un paquet global », a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble avant la réunion de l'Eurogroupe. Dans une interview à la Repubblica paru le même jour, il avait demandé que chaque pays contribue à l'effort de solidarité selon ses possibilités: « La solidarité est requise des dix-sept pays de l'Eurozone. Parfois, il semble en revanche qu'elle doive incomber seulement aux pays qui ont causé peu de problèmes. Cela ne peut pas être ainsi ».
Fait partie des négociations le renforcement de la capacité d'emprunt de la Facilité EFSF, créée en mai 2010 pour garantir la stabilité de la zone euro. Mis à contribution pour aider l'Irlande, cet instrument provisoire n'est en mesure de lever des fonds sur les marchés qu'à hauteur de la moitié des 440 milliards d'euros qu'apportent les pays de l'Eurozone à titre de garantie. Est également sur la table la possibilité pour l'EFSF de racheter des titres de dettes souveraines ou de prêter à des pays en difficulté pour qu'ils rachètent sur les marchés leurs titres souverains à un coût inférieur. « La chose la plus importante est de s'assurer que les 440 milliards puissent être utilisés, de la doter de plus de flexibilité pour opérer sur les marchés et je pense qu'il devrait y avoir un consensus autour de ces éléments », a considéré le ministre des Finances luxembourgeois Luc Frieden à son arrivée à l'Eurogroupe.
L'Eurogroupe devait s'élargir, lundi soir, à tous les pays non membres de la zone euro pour une réunion consacrée à la création du Mécanisme de stabilité financière destiné à remplacer mi-2013 la Facilité EFSF. À noter que les premiers ministres européens affiliés au parti PPE se réuniront à Helsinki, vendredi 4 mars, pour préparer le Sommet de l'Eurozone, qui aura lieu à Bruxelles vendredi 11 mars. (M.B.)