Bruxelles, 09/02/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne devrait s'inspirer de l'expérience des élus locaux et des associations impliqués sur le terrain dans l'élaboration d'une véritable stratégie à l'échelle européenne pour les Roms. Des solutions alternatives à l'expulsion pure et simple des Roms existent dans les pays d'accueil. Tel est l'enseignement principal que retirent les eurodéputés socialistes et démocrates à l'issue de leur visite, mercredi 9 février, de deux villages Roms et de rencontres avec des élus et de nombreux représentants d'association et organisations non gouvernementales, en Seine-Saint-Denis (banlieue parisienne), indique le groupe S&D du Parlement européen dans un communiqué. La délégation parlementaire était conduite par le vice-président du S&D, l'Autrichien Hannes Swoboda, et composée de la Française Sylvie Guillaume, de la Danoise Britta Thomsen, de la Hongroise Kinga Göncz et de l'Espagnole Maria Muñiz de Urquiza.
« Nous avons été informés que les Roms sont victimes ici de mesures discriminatoires, notamment dans l'accès à l'emploi. La Commission devrait enquêter », a estimé Hannes Swoboda (qui copréside au sein du groupe S&D une task force consacrée aux Roms). « Il existe un décalage frappant entre la politique d'expulsion brutale menée par le gouvernement français et les efforts des autorités locales pour aider à l'insertion de ces populations avec l'appui de multiples associations et ONG engagées sur le terrain », a ajouté M. Swoboda.
Après avoir visité le centre d'accueil provisoire pour les Roms à Aubervilliers et un village à Saint-Denis en cours de rénovation, Sylvie Guillaume a constaté que ce centre « n'est peut-être pas un modèle universel. Mais sur les 13 familles qui vivent dans ce centre, la grande majorité a un emploi et tous les enfants sont scolarisés. Pour ces familles là, c'est un début d'insertion ». Et de souligner: « Ce qui nous frappe, c'est l'isolement des élus. Ces projets sont lancés sans grands moyens et souvent au prix d'insurmontables tracasseries administratives, sans l'impulsion ni le soutien de l'État français. L'Europe doit accompagner financièrement et techniquement ces programmes d'insertion », a souligné Sylvie Guillaume.
Le communiqué du S&D rappelle que le sort de la communauté Rom en Europe est, depuis plusieurs années, une priorité du groupe S&D au PE. Les députés européens ont visité plusieurs camps de Roms en Serbie, Hongrie, Slovaquie et mercredi en France. Leur prochaine mission est prévue à Bucarest, dans deux semaines, annonce le groupe S&D. (G.B.)