Bruxelles, 09/02/2011 (Agence Europe) - L'UE ne dit toujours pas explicitement que le président égyptien Hosni Moubarak doit partir pour faire place à la démocratisation et au développement socio-économique du pays (les 27 se sont contentés vendredi, au sommet européen, de réclamer que le processus de transition commence « immédiatement »), mais si Moubarak est un « obstacle au démarrage immédiat de la transition, alors cet obstacle devra être levé », ont déclaré mercredi 9 février des sources européennes. « Nous ne pouvons pas attendre les élections de septembre pour voir le processus de transformation commencer », ont souligné ces sources proches de Catherine Ashton. Le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères se rendra la semaine prochaine (très probablement lundi 14 février) à Tunis pour des entretiens avec le gouvernement transitoire sur les différents aspects de l'aide que l'UE pourrait apporter (préparation des élections, développement de la société civile, réforme du système judiciaire, développement économique). Mme Ashton envisage aussi de se rendre en Égypte, mais un grand point d'interrogation plane toujours au-dessus de cette escale au Caire. D'abord en raison des développements sur place. « La situation au Caire est très volatile. On ne sait pas si le gouvernement en place aujourd'hui le sera encore demain ». Ensuite, parce que le gouvernement égyptien a apparemment indiqué qu'il ne souhaitait pas rencontrer d'émissaires étrangers en ce moment. « Mme Ashton veut y aller mais il faut que l'Égypte le veuille aussi. Si elle peut y aller, elle y ira ». Sur place, elle cherchera à s'entretenir avec les autorités en place « mais aussi avec tous les partis qui sont en dialogue avec le gouvernement », donc aussi les Frères musulmans.
Revoir la PEV et l'UpM. Suite aux événements des dernières semaines en Tunisie, Égypte et dans d'autres pays de la région, « il est clair que nous devons revoir la politique européenne de voisinage (PEV) et l'Union pour la Méditerranée (UpM), mais aussi le dialogue sur les droits de l'Homme que nous menons depuis des années avec un grand nombre de pays », poursuivent nos sources. À propos du dialogue sur les droits de l'Homme, « nous devons nous poser la question de savoir si ce dialogue a eu un quelconque impact sur la situation réelle. Et si la réponse est négative, nous devons être imaginatifs ». (H.B.)