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Bulletin Quotidien Europe N° 10312
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/commerce

Plaidoyer de six États membres pour une Europe « moins naïve »

Bruxelles, 09/02/2011 (Agence Europe) - L'Europe doit être « moins naïve » dans le commerce en matière de commerce international, et capable d'assurer « une défense plus efficace et plus stratégique » de ses intérêts, plaident les secrétaires d'État aux Affaires européennes de six États membres - l'Allemand Werner Hoyer, l'Espagnol Diego Lopez Garrido, le Français Laurent Wauquiez, l'Italien Paolo Romani, le Polonais Mikolaj Dowgielewicz et le Portugais Pedro Lourtie, dans une tribune du 9 février, intitulée « L'Europe doit défendre ses intérêts tout en restant fidèle à son ouverture au monde ».

S'il est « crucial [qu'elle bénéficie] des opportunités de la mondialisation, l'Europe doit toutefois se garder de deux écueils dans ses relations avec ses partenaires tiers majeurs: une ouverture sans réciprocité et le repli sur soi. L'UE devrait à cet égard montrer la voie d'une mondialisation bien régulée, s'appuyant sur des règles du jeu partagées, assurant des conditions équitables pour tous », affirment les ministres. Première puissance commerciale mondiale avec le plus fort degré d'ouverture, l'UE se doit de préserver un commerce mondial ouvert et juste et d'en faire la promotion au niveau international, d'autant que « près de 36 millions » de ses emplois « dépendent de sa performance commerciale » ; mais elle doit aussi « [se donner] les moyens d'assurer une défense plus efficace et plus stratégique de [ses] intérêts », poursuivent-ils, avant d'ajouter: « L'enjeu est majeur: il y va de la crédibilité de l'UE sur la scène extérieure, mais aussi de la longévité et du développement du modèle économique et social européen ». Si les Vingt-sept restent opposés à la « fermeture commerciale » et engagés, au plan multilatéral, à conclure les négociations de Doha en 2011, ils doivent aussi « regarder au-delà ». « Nos priorités doivent porter sur l'accès au marché pour les biens, les services, l'investissement, les marchés publics, la protection de la propriété intellectuelle, l'offre de ressources naturelles et la libéralisation du commerce en lien avec le climat », insistent les six ministres.

Aux yeux desquels la réciprocité n'est pas suffisante entre l'UE et ses partenaires commerciaux. « Sur l'accès aux marchés, par exemple, l'UE a ouvert plus de 80% de ses marchés publics aux pays tiers, alors que les autres économies développées n'ont ouvert les leurs qu'à 20%, et la plupart des pays émergents n'ont pris que peu ou aucun engagement. Si l'UE ouvre ses marchés aux pays tiers, [ses] entreprises doivent pouvoir accéder aux marchés de ces pays dans des conditions équivalentes, que ce soit dans le secteur privé ou pour la commande publique. C'est une simple question de loyauté des échanges », soulignent les ministres, appelant à l'inclusion de « clauses ambitieuses sur les marchés » dans les accords de libre-échange bilatéraux actuellement négociés par l'UE. « Pour être plus crédible, l'Europe doit accroître son pouvoir de négociation pour améliorer son accès aux marchés des pays tiers. La prochaine révision de l'encadrement des marchés publics devrait le permettre. Cette même démarche de réciprocité doit aussi s'appliquer au niveau multilatéral, dans les négociations sur l'accord à l'OMC sur les marchés publics », ajoutent-ils, précisant vouloir « une Europe qui protège mais refuse le repli », et citant la propriété intellectuelle et les aides d'État comme autres domaines d'action possible. « Peut-on se satisfaire de voir des entreprises européennes rachetées par des sociétés de pays tiers avec un soutien public alors que les aides d'État européennes sont - à juste titre - strictement limitées ? », insistent les six ministres.

À l'initiative de la tribune, la France rejette tout soupçon de protectionnisme. « Il ne s'agit pas de faire avancer le protectionnisme masqué, mais de dire qu'il faut sortir de la naïveté dans les échanges », a commenté le Français Laurent Wauquiez, pour qui le fait que l'Allemagne, première puissance exportatrice de l'UE, ait signé, est « un signal très fort ».

De son côté, la Commission européenne, qui pilote la politique commerciale de l'UE, « salue cette contribution au débat » sur la nouvelle stratégie pour les cinq ans à venir, proposée le 9 novembre par Karel De Gucht. Selon son porte-parole John Clancy, le commissaire au Commerce pourrait faire une proposition avant l'été, ou au troisième trimestre prochain, pour un mécanisme visant à limiter l'accès aux marchés publics de l'UE en cas de restriction par un pays tiers. Les services de M. De Gucht oeuvrent en ce sens avec les services du commissaire au Marché intérieur Michel Barnier. (E.H.)

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