Bruxelles, 09/02/2011 (Agence Europe) - L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) se prononcera, à la fin février, sur les derniers éléments scientifiques disponibles faisant état de risques potentiels pour la santé liés aux édulcorants artificiels. Elle le fera via une déclaration sur deux publications scientifiques récentes, en réponse à une demande d'assistance technique de la Commission européenne, a annoncé l'EFSA lundi 7 février.
La première étude a été réalisée par l'Institut Ramazzini Soffritti et al. (2010) et porte sur le potentiel carcinogène de l'aspartame chez la souris (cancer du foie et des poumons observé chez les souris mâles en Suisse). La seconde est une étude épidémiologique qui examine le lien entre la consommation de boissons non alcoolisées édulcorées au sucre naturel ou aux édulcorants de synthèse, et le risque d'accouchement prématuré chez les femmes enceintes danoises. (Halldorsson et al., 2010)
Guidée par son groupe scientifique sur les additifs alimentaires et les sources de nutriments ajoutés aux aliments (groupe ANS), l'évaluation scientifique de l'EFSA sera faite en étroite collaboration avec l'Agence nationale française de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (l'ANSES). Elle contribuera à éclairer les travaux en cours de l'EFSA sur les édulcorants artificiels.
Lors d'une discussion liminaire sur les deux documents (1er- 3 février), les scientifiques du groupe ANS ont évoqué les travaux scientifiques additionnels qui pourraient être envisagés. Le groupe scientifique a noté que le type de tumeurs et l'incidence des tumeurs rapportées par Soffritti et al. (2010) apparaissaient spontanément à des taux élevés chez la souris mâle. Le groupe a également observé que l'incidence accrue de ces tumeurs chez les souris exposées à l'aspartame dans l'alimentation, bien que statistiquement significative, restait dans la fourchette de contrôle historique pour ces tumeurs chez ces souris. L'EFSA aidera le groupe scientifique à poursuivre son analyse des résultats et des conclusions de l'étude de Ramazzini, et demandera aux auteurs de lui fournir l'ensemble des données pour, éventuellement, les réexaminer.
Le groupe ANS a également pris en considération l'étude épidémiologique danoise dont les résultats suggèrent que la consommation quotidienne de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants de synthèse peut conduire à un risque accru d'accouchement prématuré. Le groupe scientifique a indiqué que des connaissances spécialisées seront requises pour pouvoir apporter des éléments d'information additionnels concernant la méthodologie et les aspects statistiques de cette étude, y compris les implications d'éventuels facteurs confondants. L'étude épidémiologique en elle-même ne peut en effet établir une relation de cause à effet entre la prise d'édulcorants artificiels et le risque d'accouchement prématuré. Comme précisé par les auteurs, des recherches complémentaires (y compris des études expérimentales) seront nécessaires pour infirmer ou confirmer ces résultats. (A.N.)