Bruxelles, 09/02/2011 (Agence Europe) - Tandis que les griefs persistent de part et d'autre de l'Atlantique contre la sous-évaluation de la monnaie chinoise, le yuan, accusé du creusement des déficits commerciaux, un document de travail publié mercredi par le European Center for International Political Economy (ECIPE), et signé par Sylvain Plasschaert, souligne la faiblesse des arguments avancés à cet effet. D'une part, explique le professeur belge, les surplus de la balance commerciale chinoise sont dominés par l'assemblage final simple de biens de consommation qui ont peu de valeur ajoutée, et l'excédent chinois prend doublement en compte des composants fabriqués à l'étranger que la Chine doit importer avant d'exporter des produits finis. En outre, les surplus record de la balance commerciale de la Chine ne peuvent à eux seuls expliquer ses réserves massives de devises étrangères, qui sont, au contraire, alimentées par les investissements des firmes multinationales. Au final, la sous-évaluation du yuan et sa responsabilité dans les déficits globaux est, aux yeux du professeur Plasschaert, un mythe. Selon lui, un changement de stratégie dans la croissance de la Chine, plus orientée sur la consommation intérieure, contribuerait davantage à rétablir les équilibres mondiaux qu'une appréciation du yuan. Son document de travail (N°2/2011) est disponible sur le site de l'ECIPE (http://www.ecipe.org ). (E.H.)