Bruxelles, 08/02/2011 (Agence Europe) - En visite au Maroc dès lundi (EUROPE n° 10310), le commissaire européen Stefan Füle a « félicité (les) partenaires marocains de s'être lancés dans une série de réformes politiques et économiques importantes » en les priant toutefois « d'avancer davantage » en particulier « dans le domaine de l'éradication de la pauvreté, du développement social (l'éducation et la santé), des réformes démocratiques, de la liberté d'expression, du développement du rôle des femmes et de la réforme de la justice qui a été annoncée ». Il a estimé, au cours d'une conférence de presse à Rabat, que « la mise en œuvre de ces réformes contribuera à la cohésion sociale, l'amélioration de la stabilité et la consolidation » par le Maroc. Car, a observé le commissaire, cette visite « se tient quelques semaines après le soulèvement populaire » en Tunisie et « a tourné l'attention vers la région du Maghreb ». « Il me semble que nous devrions tirer quelques leçons de ce qui vient de se passer en Tunisie et en Égypte » et « une des leçons à tirer est que le développement d'un pays ne peut être soutenable à long terme, si le contraste entre le développement économique d'une part et le développement humain et social d'autre part est trop important ». Pour M. Füle, « les gouvernements ne devraient jamais sous-estimer les aspirations légitimes des jeunes à accéder au travail, à la liberté d'expression et à participer à la vie politique et civique de leur société ».
Concernant la coopération directe, il a proposé un dialogue parlementaire structuré et, sur le commerce, il a indiqué « la disponibilité de l'UE à lancer les négociations sur la mise en œuvre d'une zone de libre-échange approfondie ». Cela sera tributaire de « certains progrès dans le domaine des services et des droits d'établissement ». «Tout sera fait pour que le statut avancé profite au mieux aux citoyens et que cette forme de coopération soit un modèle pour la région », a assuré M. Füle cité par l'agence officielle MAP. La passation des marchés publics et les services financiers ont été érigés au rang de priorités pour l'étape à venir, a ajouté le commissaire cité par la même source qui relève aussi son espoir de parvenir cette année à un « nouveau Plan d'Action pour le statut avancé ». Dans cette voie, il serait « essentiel que le Maroc poursuive le processus graduel de rapprochement réglementaire avec l'UE dans certains domaines ». Le processus sera « complexe, exigeant mais nécessaire ». Le Maroc, a-t-il rappelé, « est le premier destinataire de l'aide européenne parmi les pays du voisinage européen » et l'UE a accru son aide qui s'élève désormais à près de 200 millions d'euros par an. Le PIN (Programme Indicatif National) a été augmenté de 20% atteignant, pour 2011-2013, la somme de 580,5 millions d'euros.
Le Premier ministre Abbas El Fassi a précisé, selon l'agence officielle MAP, que lors de son entretien avec le commissaire, « les deux parties ont abordé les différents accords relatifs aux secteurs des agrumes et de la pêche » et indiqué que l'UE « propose de proroger d'un an ces accords dans la perspective de convenir d'une nouvelle mouture ». Les Marocains signalent également qu'ils ont entretenu le commissaire des suites du dossier sahraoui et M. Füle, selon MAP, a « formulé le souhait de voir les parties parvenir à une solution pacifique et politique sans vainqueurs, ni vaincus ». L'UE « se penche sur la possibilité de rapprocher les points de vue des deux pays », le Maroc et l'Algérie, a affirmé le Premier ministre cité par son agence. (F.B.)