Bruxelles, 08/02/2011 (Agence Europe) - À l'occasion de la Journée 2011 pour un Internet plus sûr célébrée mardi 8 février, la Commission européenne a annoncé qu'elle allait approfondir les discussions avec le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC) et les organismes chargés de l'enfance pour promouvoir la conception de produits plus sûrs permettant de protéger les enfants en ligne. La Commission a également indiqué qu'elle allait procéder à un examen de la recommandation de 2006 sur la protection des mineurs dans les médias audiovisuels et sur Internet et de la communication de 2008 sur la protection des jeunes contre les contenus préjudiciables dans les jeux vidéo. « Il est difficile pour les parents de toujours veiller à la sécurité de leurs enfants en ligne (…). Cela confère une plus lourde responsabilité au secteur des TIC pour ce qui est de fournir des produits et des services qui protègent et responsabilisent les enfants en ligne », a déclaré la commissaire Neelie Kroes, en charge de la stratégie numérique. De son côté, la commissaire Viviane Reding, responsable de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, a profité de l'événement pour évoquer une meilleure protection des données privées, notamment en harmonisant au niveau européen le « droit à l'oubli ». Il s'agit pour les citoyens de pouvoir retirer sans difficulté des données ou des photos à caractère privé qu'ils ont postés sur Internet et qu'ils souhaitent voir disparaître. « Le 'droit à l'oubli' est particulièrement important dans l'environnement en ligne et les réseaux sociaux. Je veux que ce concept fasse partie des règles de protection des données afin que les droits des citoyens soient encore renforcés », a affirmé Mme Reding. Organisée par INSAFE, le réseau de centres de sensibilisation, la Journée pour un Internet plus sûr bénéficie d'une aide de 55 millions d'euros de la part de l'Union européenne. L'événement est célébré chaque année depuis 2004 et regroupe des manifestations dans plus de 65 pays en Europe et dans le monde.
Face à l'évolution des modes d'utilisation des technologies par les jeunes, la Commission va travailler avec de nouveaux groupes et secteurs d'activité pour mieux protéger les enfants en ligne. Ainsi, des fabricants d'appareils portables et de consoles de jeux, fournisseurs de services Internet, sites de réseaux sociaux, fournisseurs d'applications et de contenu pour réseau mobile, associations de consommateurs, chercheurs et organismes chargés de l'enfance seront invités à rejoindre la plate-forme de collaboration. Le dialogue reposera sur les réalisations découlant des « Principes de l'UE pour des réseaux sociaux plus sûrs » et du « Cadre européen pour une utilisation plus sûre des téléphones mobiles par les adolescents et les enfants ». Une récente enquête paneuropéenne montre que les enfants utilisent de plus en plus Internet et de façon plus personnalisée. Parallèlement, 59% des 9-16 ans ont un profil de réseau social et dans 26% de ces cas leur profil
est entièrement public. La Journée pour un Internet plus sûr vise à rappeler aux jeunes que ce qu'ils font ou disent en ligne peut avoir des conséquences parfois dramatiques dans leur vie « réelle », même s'ils utilisent un pseudonyme. Dans un discours adressé au Centre Safer Internet en Belgique, la commissaire Kroes s'est félicitée de la collaboration des opérateurs mobiles et des compagnies de réseaux sociaux pour sensibiliser davantage les jeunes sur les dangers d'Internet, notamment en établissant par défaut la consultation de leur profil par leur seul cercle d'amis. Alors que les opérateurs Internet se sont engagés à offrir une aide en ligne susceptible de répondre aux attentes des jeunes utilisateurs (qui désirent modifier ou supprimer leur profil, par exemple), la commissaire a indiqué qu'elle allait publier un rapport sur cette collaboration au printemps. (I.L.)