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Bulletin Quotidien Europe N° 10311
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Éducation

étude Eurydice sur le redoublement scolaire

Bruxelles, 08/02/2011 (Agence Europe) - Le réseau Eurydice a publié une étude sur le redoublement scolaire en Europe, à l'initiative de la Commission européenne. Cette problématique s'inscrit dans la thématique de la lutte contre l'échec scolaire et l'abandon scolaire précoce, thèmes chers à la Commission puisque l'un des deux objectifs phares en matière d'éducation de la stratégie EUROPE 2020 est de réduire le décrochage scolaire à un taux inférieur à 10%. « Je suis convaincue que cette étude dresse un état des lieux précieux des législations et des pratiques du redoublement scolaire et qu'elle représente un grand intérêt pour les responsables politiques et les acteurs du domaine de l'éducation ainsi que pour un large public », a déclaré la commissaire responsable notamment de l'éducation Androulla Vassiliou.

Dans tous les systèmes éducatifs, le progrès d'apprentissage des élèves est évalué tout au long de l'année et des mesures diverses sont mises en place pour soutenir les élèves en difficulté durant l'année scolaire et assurer leur remise à niveau. Dans un grand nombre de pays, le recours au redoublement est possible pour les élèves qui n'ont pas pu progresser suffisamment. Ce recours relève des traditions éducatives d'un pays, c'est pourquoi les critères de son application peuvent varier de manière significative d'un pays à l'autre. L'étude Eurydice analyse les réglementations en vigueur en matière de redoublement aux niveaux primaire et secondaire inférieur général dans les pays membres d'Eurydice (les 27 États membres plus le Liechtenstein, la Norvège, l'Islande et la Turquie). Le réseau tire les conclusions suivantes: 1) le retard scolaire peut débuter dès l'admission au primaire dans les pays où les critères de maturité sont pris en compte: dans certains pays, une évaluation liée à des critères de maturité et de développement peut retarder le passage de l'enseignement maternel à l'enseignement primaire. Cette pratique concerne un taux assez élevé d'enfants dans quelques pays (République tchèque, Allemagne, Hongrie, Autriche, Roumanie, Slovaquie et Liechtenstein) et révèle le poids des conceptions exigeant des enfants un niveau prédéfini de préparation au monde scolaire. D'autres pays prévoient aussi cette possibilité mais elle est rarement utilisée (Belgique, Chypre, Lettonie, Slovénie, Finlande et Islande) ; 2) le progrès scolaire est le critère le plus répandu dans les réglementations pour décider du redoublement: deux grands cas de figure sont observés dans les réglementations concernant le passage de classe, soit la promotion automatique, soit le redoublement. La promotion automatique est pratiquée par un nombre très réduit de pays (Islande, Norvège et Royaume-Uni dans une certaine mesure ainsi que la Bulgarie et le Liechtenstein au niveau primaire). Dans tous les autres, le redoublement est autorisé mais différents types de limitation visent à restreindre le recours à cette mesure. Dans tous les cas, l'insuffisance des progrès scolaires de l'élève est le principal critère de redoublement ; 3) l'avis des enseignants prédomine dans le processus de décision: dans la vaste majorité des cas, ce sont les enseignants de la classe qui décident, au final, si un élève redoublera. Dans quelques pays, ce sont les chefs d'établissements qui prennent cette décision. Des professionnels extérieurs à l'établissement peuvent aussi être sollicités. Dans deux tiers des pays, les parents sont associés à la prise de décision lorsque la question d'un redoublement se pose; 4) malgré des réglementations assez similaires, les taux de redoublement varient fortement entre les pays européens: au niveau primaire, certains pays ont un faible taux de redoublement Grèce (2,0%) et Autriche (4,9%) alors que d'autres affichent des taux de redoublement nettement plus élevés comme la France (17,8%), le Portugal et les Pays-Bas (22,4%). Au niveau secondaire inférieur, les variations entre les pays demeurent avec des taux de redoublement allant de 0,5% en Finlande, jusqu'à 31,9% en Espagne.

En conclusion, Eurydice remarque que certains pays pratiquent une « culture du redoublement ». Dans les pays où elle est récurrente, la conception selon laquelle répéter une année est bénéfique pour l'apprentissage de l'élève reste très présente (surtout le cas en Belgique, en Espagne, en France, au Luxembourg, aux Pays-Bas et au Portugal). L'adaptation des réglementations en matière de redoublement n'est pas suffisante pour changer cette conviction. Celle-ci doit être remplacée par une autre approche de la gestion des difficultés d'apprentissage des élèves. En définitive, le défi majeur réside plus dans la remise en question de certaines convictions et croyances qu'en des changements de réglementations. (I.L.)

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