Bruxelles, 01/02/2011 (Agence Europe) - S'exprimant lundi 31 janvier à l'issue du Conseil Affaires étrangères, le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski a appelé à la création d'une fondation européenne pour la démocratie. Cette fondation s'occuperait, « grâce à l'argent qui lui serait confié par les États membres et l'UE elle-même, de la promotion de la démocratie, surtout dans le voisinage de l'UE », a-t-il dit. À l'instar de ce que nous faisons pour le Bélarus, « nous devons soutenir l'alternative démocratique » aussi en Égypte, a estimé M. Sikorski avant d'ajouter: « Le succès de la transformation dépend de l'existence d'une élite alternative (au pouvoir) et compétente, qui soit prête à prendre la responsabilité pour le pays au moment où la dictature perd sa stabilité ou devient prête à des concessions ».
Précisant les mesures adoptées lundi à l'encontre du régime du Bélarus, M. Sikorski a également indiqué que le Conseil a donné à la haute représentante de l'UE et au nouveau Service européen d'action extérieure la possibilité d'appliquer « des sanctions ciblées mais douloureuses contre les personnes, les institutions et les entreprises bélarusses ». « Nous nous imaginons qu'il s'agira de sanctions qui seront dirigées, par exemple, contre les entreprises utilisées pour la répression ou qui fournissent un appui financier au régime », a-t-il indiqué. Les 27 sont parvenus lundi au cours des discussions entre les ministres des Affaires étrangères de l'UE à un compromis entre ceux qui, comme la Pologne, la Suède, les pays baltes ou l'Allemagne, plaidaient en faveur d'une réponse plus ferme à l'encontre des autorités bélarusses. Et ceux qui, comme l'Italie, auraient préféré maintenir le dialogue avec le régime. Ce dialogue entre l'UE et le Bélarus sera maintenu, mais à un niveau inférieur, a précisé M. Sikorski. L'UE a par ailleurs décidé de ne pas inscrire sur la liste des sanctions adoptée lundi le ministre des Affaires étrangères du Bélarus, Sergueï Martynov. Les sanctions plus ciblées devraient être appliquées en particulier à l'égard des entités les plus utilisées à des fins de répression (les entreprises pharmaceutiques dont les produits sont utilisés pour faciliter les interrogatoires par exemple). Le fonctionnement précis du mécanisme devrait encore être défini, mais, interrogé, le chef de la diplomatie polonaise a dit qu'une simple proposition de la haute représentante suffirait pour introduire une telle sanction. Pour sa part, la ministre des Affaires étrangères de la France, Michèle Alliot-Marie, a indiqué que la France augmentera l'aide qu'elle octroie à l'université bélarusse en exil à Vilnius. La Suède, dont le ministre des Affaires étrangères Carl Bildt participera le 2 février à la conférence des donateurs organisée à Varsovie, envisage aussi d'accroître son aide à la société civile bélarusse. (A.By.)