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Bulletin Quotidien Europe N° 10306
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/innovation

L'Europe perd du terrain et doit se rattraper d'urgence

Bruxelles, 01/02/2011 (Agence Europe) - L'Europe a besoin d'innover et doit le faire d'urgence: elle est en train de perdre du terrain face à ses concurrents traditionnels et aux nouveaux. C'est le message que la Commission européenne transmet au Conseil européen qui va se réunir a Bruxelles vendredi 4 février, avec, notamment, l'énergie et l'innovation à l'ordre du jour, en lui transmettant le tableau de bord de l'Union de l'innovation (TBUI) 2010 publié mardi 1er février. Présentées lors d'une conférence de presse par le vice-président de la Commission Antonio Tajani (Industrie) et la commissaire Máire Geoghegan-Quinn, chargée de la recherche, de l'innovation et des sciences, les données du tableau montrent que l'UE ne parvient pas à combler l'écart en matière d'innovation avec ses principaux concurrents mondiaux, les États-Unis et le Japon.

Bien que, malgré la crise économique, la tendance soit prometteuse dans la plupart des États membres - lit-on dans un communiqué de la Commission - « les progrès ne sont pas assez rapides ». Alors que l'UE maintient encore une nette avance sur les économies émergentes de l'Inde et de la Russie, le Brésil fait des progrès constants et la Chine rattrape rapidement son retard. Au sein de l'UE, la Suède a les meilleurs résultats, suivie par le Danemark, la Finlande et l'Allemagne (ils sont les 'champions de l'innovation'). Le Royaume-Uni, la Belgique, l'Autriche, l'Irlande, le Luxembourg, la France, Chypre, la Slovénie et l'Estonie, dans cet ordre, constituent le groupe suivant ('suiveurs de l'innovation'). Parmi les grands pays de l'Union, l'Italie, qui gagne trois positions, l'Espagne et la Pologne se situent dans un troisième groupe ('innovateurs modérés', en dessous de la moyenne de l'Union des 27), tandis que le dernier groupe, celui des 'innovateurs modestes', est constitué par Roumanie, Lettonie, Bulgarie et Lituanie.

Il s'agit du premier tableau de bord dans le cadre de l'initiative 'Une Union de l'innovation': il remplace l'ancien tableau de bord européen de l'innovation (TBEI) et alimente l'examen annuel de la croissance dans le but d'aider les États membres à établir leurs points forts et faibles et d'améliorer leurs performances en matière d'innovation au moyen de leurs programmes de réforme nationaux découlant de la stratégie EUROPE 2020.

Selon M. Tajani, «le tableau de bord montre que nous devons redoubler d'efforts pour rendre l'Europe plus innovante afin de rattraper nos principaux concurrents et de retrouver le chemin d'une croissance soutenue et durable ». Le vice-président souligne que « la chose importante, pour chaque pays, n'est pas sa position dans le classement général des innovateurs, mais plutôt sa direction de marche, son rythme de croissance et sa capacité de s'adapter à l'innovation ». Et M. Tajani d'inviter tous les pays de l'UE à ne pas considérer les données du tableau comme un succès ou un échec.

De son côté, Máire Geoghegan-Quinn rappelle que «l'innovation est aussi essentielle au succès d'une économie moderne que l'eau l'est pour la vie. Elle est au cœur du processus de décision en matière de politique économique et représente la principale source de création d'emplois ». Le tableau de bord constitue un élément essentiel de la stratégie EUROPE 2020: « Nous voulons - déclare la commissaire à l'Innovation - que les États membres en fassent pleinement usage pour exploiter leurs points forts et remédier à leurs faiblesses ».

Dans son communiqué, la Commission précise que le tableau de bord 2010 repose sur 25 indicateurs liés à la recherche et à l'innovation et couvre, outre les 27 États membres de l'Union, la Croatie, la Serbie, la Turquie, l'ancienne République yougoslave de Macédoine, la Turquie, l'Islande, la Norvège et la Suisse. Les indicateurs sont classés en trois grandes catégories: les 'outils', c'est-à-dire les éléments de base qui permettent l'innovation (ressources humaines, financements et aides, et des systèmes de recherche ouverts, excellents et attractifs); les 'activités des entreprises', qui montrent à quel point les entreprises européennes sont innovatrices (investissements des entreprises, collaborations et entrepreneuriat, actifs intellectuels); les 'résultats', qui montrent comment cela se traduit en avantages pour l'économie dans son ensemble (innovateurs, effets économiques).

La comparaison des indicateurs pour l'UE27, les États-Unis et le Japon montre que l'UE27 ne comble pas son écart de performance avec ses principaux concurrents. L'écart le plus important apparaît dans la catégorie « activités des entreprises », ce qui montre que l'écart de l'Europe en matière de recherche et d'innovation est principalement dû au secteur privé. La priorité devrait donc être la création de conditions réglementaires ou autres qui encouragent l'accroissement des investissements du secteur privé et facilitent l'exploitation des résultats de la recherche par le secteur des entreprises, au moyen, notamment, d'un système de brevets plus efficace (l'écart est particulièrement important et s'accroît rapidement en ce qui concerne les recettes de licences et brevets provenant de l'étranger). L'UE27, par contre, dépasse les États-Unis en ce qui concerne les dépenses publiques de R&D et les exportations de services à forte intensité de connaissances. Sur les cinq dernières années, la croissance des indicateurs d'innovation de l'UE27 a été la plus forte pour les systèmes de recherche ouverts, excellents et attractifs (copublications scientifiques internationales, publications à impact élevé, étudiants de doctorat issus de pays tiers) et les actifs intellectuels (marques communautaires, brevets PCT et dessins ou modèles communautaires). (Gp)

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