Bruxelles, 01/02/2011 (Agence Europe) - Oubliée la polémique entre la France et la Commission européenne: dans sa communication intitulée 'Relever les défis posés par les marchés de produits de base et les matières premières' qu'elle adopte ce mercredi 2 février, la Commission européenne devrait reconnaître que la spéculation accentue la volatilité des prix des matières premières, notamment agricoles. Elle devrait insister toutefois sur le besoin d'étudier plus en avant l'ampleur de ce lien entre les marchés financiers et les marchés physiques.
Par ce texte, la Commission entend faire avancer les discussions sur ces questions sur la scène internationale, notamment dans le cadre du G20. Pour rappel, le nouveau président du G20, le président français Nicolas Sarkozy, souhaite traiter en urgence la question de la volatilité des prix des matières premières.
La Commission suggère de travailler dans trois directions: il faut investir dans l'agriculture, notamment pour que l'offre suive la demande, et soutenir l'émergence de politiques agricoles dans les pays en développement ; il convient d'assurer le bon fonctionnement des marchés par le biais d'une réglementation de ces marchés et par plus de transparence dans les stocks publics et privés ; il est nécessaire d'éviter des crises liées à des décisions politiques, grâce à une meilleure coordination entre les pays. Pour rappel, la Russie a imposé l'été dernier un embargo sur ses exportations de blé, ce qui a provoqué une hausse des prix.
Pour lutter contre la spéculation, la France préconise des limites de position. La Commission reste prudente sur cette question, mais ne l'exclut pas. La Commission rappelle que l'accès aux produits de base et aux matières premières est capital pour maintenir la capacité de production de l'économie et garantir le bien-être des citoyens. Or, sur les grands marchés de produits de base (énergie, métaux et minerais, agriculture et denrées alimentaires), les prix affichent une tendance à la hausse depuis l'été 2009. Ces dernières années, la volatilité des prix des produits de base s'est répercutée de manière négative, à des degrés divers, à la consommation et à la production. (L.C.)