Bruxelles, 01/02/2011 (Agence Europe) - Les États-Unis attendent avec « hâte » la proposition que fera, ce mercredi 2 février, la commissaire en charge des Affaires intérieures, Cécilia Malmström, sur la mise en place d'un programme PNR (Passenger Name Record) au sein de l'Union européenne (EUROPE n° 10304). Et ont rappelé, mardi 1er février lors d'une rencontre avec la presse, la vraie valeur ajoutée « pour les gouvernements » de bénéficier d'un tel système qui implique que les compagnies aériennes fournissent aux autorités nationales les données rentrées par les passagers au moment de leur réservation, ces données étant ensuite traitées en vue de lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée.
Les États-Unis disposent déjà d'un programme PNR avec l'UE depuis 2007, que les deux parties renégocient en ce moment et qui permet notamment aux États-Unis d'obtenir les données des passagers venant de l'UE ou s'y rendant. L'UE dispose aussi d'accords de ce type avec le Canada et l'Australie mais ne dispose à l'heure actuelle d'aucun programme similaire pour elle-même.
Pour les États-Unis, la proposition de la Commission est donc la bienvenue car « de plus en plus de pays utilisent le PNR », a dit une représentante du département américain de la sécurité intérieure, ajoutant que les États-Unis cherchaient par ailleurs « à boucler au plus vite » la renégociation de l'accord UE/USA de 2007. En mai 2010, le PE avait mis en effet son vote en suspens et demandé à la Commission de négocier un nouvel accord plus conforme aux normes européennes de protection des données, notamment sur le volet de la durée de rétention des données. Mardi, les États-Unis ont cependant nuancé ces inquiétudes appelant à faire preuve de davantage de « pédagogie » envers le PE sur le bien-fondé du PNR et ses finalités réelles, les « données plus sensibles des passagers n'étant jamais utilisées ou uniquement dans des cas de grande urgence », a dit la représentante. Qui a rappelé qu'en 2009 « un tiers des refus d'admission sur le sol américain en raison de suspicions de terrorisme » était à porter au crédit du système PNR. (S.P.)