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Bulletin Quotidien Europe N° 10306
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/religion

Pas de déclaration sur la liberté religieuse

Bruxelles, 01/02/2011 (Agence Europe) - Les pays européens ne sont pas parvenus lundi, à l'issue du Conseil « Affaires étrangères », à se mettre d'accord sur une déclaration sur la liberté religieuse, suite aux attentats terroristes commis récemment contre les chrétiens d'Orient. L'Italie, rejointe par la France, a estimé le texte trop vague, alors que le Royaume-Uni et certains pays nordiques (notamment la Suède) ne voulaient pas d'une référence spécifique à une communauté religieuse. La haute représentante Catherine Ashton a déclaré que les 27 ministres européens étaient convenus de « revenir (sur le sujet) et réfléchir » sur la manière dont l'Union européenne peut soutenir la liberté de religion et la tolérance. « Aujourd'hui, on n'a pas écrit une belle page », a regretté le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.

Suite aux attentats qui ont visé l'église syriaque catholique de Bagdad et les chrétiens coptes d'Égypte, la France, la Hongrie, l'Italie et la Pologne avaient insisté pour qu'un débat sur la situation des chrétiens d'Orient soit mené au sein du Conseil de l'UE. Les ambassadeurs des 27 États membres s'étaient entendus en amont de la réunion du Conseil sur un texte appelant Catherine Ashton à élaborer des propositions concrètes pour renforcer l'action de l'Union européenne en faveur de la liberté de religion. Le texte condamnait « fermement » la « violence récente et les actes de terrorisme visant des lieux de culte et de pèlerinage » mais ne mentionnait aucune communauté spécifique en particulier. Alors que les délégations avaient donné leur accord pour l'adoption du texte, l'Italie a remis le sujet sur la table et marqué son désaccord vis-à-vis d'un texte jugé trop frileux, requérant la mention de « communauté chrétienne » et faisant mention en particulier de l'attentat contre la communauté chiite de Kerbala. L'Europe ne sera pas crédible sans ces mentions, a expliqué M.Frattini. « Le texte final n'inclut aucune mention des Chrétiens, comme si nous parlions d'autre chose, c'est pourquoi j'ai demandé que le texte soit retiré et au final il a été retiré », a-t-il expliqué à l'issue des discussions. Ce sont surtout les Britanniques qui ont refusé de telles précisions, estimant qu'il fallait constater les faits de manière générale et exclure une formulation trop précise qui pourrait être utilisée à mauvais escient par les groupes terroristes et alimenter le « choc des civilisations ». Les 27 ont finalement décidé de renvoyer le texte à leurs ambassadeurs pour qu'ils l'affinent avant d'en discuter lors d'une prochaine session du Conseil. Les chefs d'État et de gouvernement aborderont peut-être le sujet vendredi prochain lors du Sommet du Conseil mais sûrement pas de manière formelle, a indiqué un porte-parole du Conseil. (I.L.)

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