Bruxelles, 01/02/2011 (Agence Europe) - La perception de la politique de cohésion a beaucoup évolué: la présidence hongroise de l'UE l'a placée au cœur de l'agenda politique européen, la future présidence polonaise en a déjà pris aussi l'engagement et cela a été confirmé par le président de la Commission José Manuel Barroso devant le 5ème forum sur la politique de cohésion. « C'est le gage que la politique de cohésion n'est pas seulement un moteur de redistribution mais une politique qui contribue véritablement au bien-être des citoyens européens. Il faut donc y consacrer une conférence ministérielle spéciale », a affirmé à l'issue des travaux du forum Johannes Hahn. La bataille du budget et la question de la simplification étaient au centre des interrogations des participants au forum. Un constat, un souhait: « tous nous souhaitons une Europe de projet, pas de procédure. Nous devons travailler ensemble », a déclaré Johannes Hahn
Budget. La bataille pour le budget est loin d'être terminée. Le commissaire à la politique régionale a donc lancé un avertissement: « Ce n'est qu'avec un budget suffisant que nous pourrons progresser dans l'appui que nous accordons à la coopération territoriale. Sans budget, toutes les régions verront leurs financements s'assécher ! » . Alors, il ne faut pas penser que s'il y a des restrictions au détriment des régions les plus pauvres, il restera un budget suffisant pour les régions. Ce sera le contraire. S'il y a des réductions, des coupes claires dans les budgets, cela affectera toutes les régions. Toutes les régions recevront moins. « Que personne ne se leurre, estimant que sa région se trouve dans une situation plus favorable. Tous dans le même bateau. Et encore, tout le monde devra pâtir de la réduction budgétaire. Nous avons par conséquent une responsabilité politique dans ce domaine », a affirmé Johannes Hahn. Utilisant une image pour mieux expliquer la situation: si le gâteau est réduit, toutes les parts sont réduites. De gros efforts doivent donc être faits pour arriver à des résultats. « Nous défendons cette politique de cohésion, non pas par loyauté, par idéal, mais au regard d'un engagement en faveur d'un avenir efficace et prospère », a lancé Johannes Hahn en appelant à montrer son sérieux lorsqu'on parle d'efficacité et d'impact. Pas de paroles vaines mais des paroles traduites dans la réalité par des mécanismes et des règles claires, a précisé le commissaire qui compte sur la présidence hongroise de l'UE pour soumettre ce point au Conseil Affaires générales de mai prochain.
La politique de cohésion est au cœur de l'agenda européen mais « les yeux sont tournés vers la Commission, et aussi vers vous les acteurs », a noté M.Hahn qui souligne qu'il est très difficile de négocier un budget si les ressources qui sont affectées ne le sont pas pleinement ou sont insuffisamment utilisées. Les régions doivent bien exprimer le fait que le fonds de cohésion représente un excellent investissement, a estimé Johannes Hahn, soulignant que c'est ainsi que les régions peuvent l'aider, lui et la Commission, dans les réformes.
Simplification. C'est un point très haut dans l'ordre du jour de la Commission. En symbiose sur les mêmes questions, tant le commissaire Laszlo Andor (Emploi, affaires sociales, inclusion) que Johannes Hahn sont conscients de la nécessité d'une simplification, « un outil pour être un véritable moteur de résultats », a affirmé M.Hahn. « Moins de règles signifie moins d'erreurs », a-t-il précisé. L'effort mené pour alléger les règles a porté ses fruits. Le rapport récent de la Cour des Comptes l'a montré. Les efforts doivent donc être poursuivis pour alléger le fardeau et le travail des bénéficiaires. Citant l'exemple des gens du privé qui savent bien que « la stabilité, la prédicabilité et la certitude sont indispensables pour les entreprises », Johannes Hahn a noté que donc la Commission examine la manière dont on peut rationaliser la fourniture de programmes de cohésion. Un travail qui s'inscrira dans la réglementation future.
Le commissaire a annoncé, à titre d'exemple, qu'actuellement toutes les possibilités d'une approche différenciée sont explorées pour assurer que les contrôles sont en proportion avec les risques. Il a également annoncé que la Commission va réfléchir à la fourniture de méthodes de remboursement simplifié comme des sommes forfaitaires. Il faut que les autorités de gestion et les bénéficiaires perçoivent le changement, s'assurer que des règles simplifiées soient transposées concrètement dans la réglementation nationale. La Commission a fait d'énormes progrès pour aligner des règles d'éligibilité en fonction des instruments communautaires, entre le fonds de cohésion et les politiques de recherche et de développement, « pour s'assurer que les bénéficiaires ne doivent pas s'adresser à des guichets différentes pour des fonds différents ».
Et Johannes Hahn de conclure: « Je pense qu'on pourra tailler dans le vif dans la bureaucratie. Il est temps de se lancer dans un débat politique général sur l'affectation et la répartition des responsabilités entre la Commission et les États membres quant à l'utilisation des ressources communautaires ».
Cohésion/Inclusion sociale . Le commissaire Laszlo Andor a mis en exergue trois points: (1) tout d'abord, le constat d'un large consensus sur le fait que la politique de cohésion doit jouer un rôle important dans le cadre du projet européen pour la croissance et l'emploi. La politique de cohésion est importante pour faire face aux défis économique et social que doivent affronter toutes les régions. La nécessité d'améliorer les qualifications des travailleurs pour faire face à la mondialisation s'impose aussi. Le Conseil Emploi/Affaires sociales se prononcera sur ces questions ; (2) pour que la politique de cohésion puisse jouer pleinement son rôle et avoir une plus-value, il faut l'ajuster. Il y a grand consensus sur le fait d'aligner les priorités des investissements du fonds sur celles de la stratégie UE2020 et de les développer dans les programmes nationaux de réforme. Le fonds social européen est « l'outil par excellence pour soutenir l'emploi, l'éducation et l'exclusion sociale », a rappelé Laszlo Andor. Et la stratégie UE 2020 sera le cadre d'action pour un potentiel de croissance pour l'UE ; (3) il faut agir sur différentes approches, basées sur des résultats.
Laszlo Andor a indiqué que la Commission va présenter, en juillet prochain, ses nouvelles propositions en matière de politique de cohésion, dans le cadre financier. « Ce sera un plus pour nous permettre d'avoir une politique de cohésion ambitieuse », a conclu le commissaire. (G. B.)