Bruxelles, 01/02/2011 (Agence Europe) - Catherine Ashton et le commissaire Stefan Füle (Politique de voisinage) recevront ce mercredi 2 février le nouveau ministre tunisien des Affaires étrangères, Ahmed Ounaïes, à Bruxelles. Il est aussi prévu que Mme Ashton se rende en Tunisie « dans les semaines à venir, a annoncé le haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères lundi soir après le Conseil Affaires étrangères. La visite du ministre tunisien à Bruxelles servira essentiellement « à voir comment nous pouvons concrétiser les offres d'aide que l'UE a faites, en particulier en matière de soutien du processus électoral » mais aussi les autres mesures envisagées pour soutenir les réformes démocratiques et économiques, a expliqué mardi la porte-parole de Mme Ashton devant la presse.
L'UE, en l'occurrence la Commission, attend que les Tunisiens indiquent leurs attentes. La « mission Mingarelli » (du nom du directeur général qui s'est rendu il y a une semaine à Tunis) est revenue avec le sentiment que le pays est en train de s'organiser. Les entretiens qui ont eu lieu avec les ministres à compétence économique et les présidents des trois commissions ad hoc créées pour assainir le pays et préparer la transition ont permis de procéder à une première évaluation que la Tunisie devra préciser dans les jours qui viennent et à laquelle la Commission est prête à répondre, d'abord en puisant dans les ressources budgétaires déjà définies (240 millions d'euros pour les 3 années, de 2011 à 2013). L'Exécutif communautaire va aussi voir dans quelle mesure il sera nécessaire de réadapter et de cibler davantage la coopération financière pour qu'elle serve plus la création d'emplois et le soutien aux entreprises.
Près de 500 millions d'euros de projets sont en cours d'exécution bénéficiant des ressources des PIN passés et une part de l'actuelle enveloppe. Le plus urgent pour la Commission européenne sera cependant d'aider les Tunisiens à mettre en place le processus électoral déjà annoncé et un appui financier ad-hoc n'est pas exclu. Les encours financiers promis de longue date à des organisations de la société civile - le plus marquant a été celui au profit de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, qui avait suscité la polémique - seraient près d'être débloqués. La bonne nouvelle est aussi que Tunis a accepté l'envoi d'une mission électorale européenne, ce que l'ancien régime n'a jamais voulu admettre.
Délégation du PE à Tunis, adoption d'une résolution. Une délégation de 12 eurodéputés, dirigée par l'Espagnol José Ignacio Salafranca (PPE) et l'Italien Pier Antonio Panzeri (S&D), se rendra cette semaine (3-6 février) en Tunisie pour se faire une image de la situation politique et pour avoir des entretiens avec des représentants du gouvernement provisoire et de la société civile. Il est par ailleurs prévu que le Parlement européen, réuni ces mercredi et jeudi en mini-session à Bruxelles, adoptera jeudi 3 février une résolution sur la situation en Tunisie. L'adoption de la résolution sera précédée, ce mercredi après-midi, par un débat en séance plénière avec Catherine Ashton. (F.B./H.B.)