Bruxelles, 24/01/2011 (Agence Europe) - « Nous allons ouvrir des chantiers de fond qui ne peuvent plus attendre de façon à présenter des résultats concrets à une opinion de plus en plus impatiente », a déclaré le président français Nicolas Sarkozy, en présentant officiellement lundi 24 janvier les priorités de son pays qui a pris les rennes du G 20 en 2011. Ces priorités s'articulent autour de trois axes: la réforme du système monétaire, la régulation des marchés de matières premières (voir autre nouvelle) et la gouvernance mondiale.
La France souhaite que ses partenaires reconnaissent que le monde a changé et que, face aux nouvelles réalités, les organisations internationales s'adaptent et créent les conditions d'un « multilatéralisme » nouveau. Notamment en reconnaissant le rôle accru de puissances émergentes comme la Chine. « Ce qui a été créé en 1945 reposait sur des équilibres qui aujourd'hui ne sont plus les mêmes »: nous avons un « nouveau monde » et « besoin de nouvelles idées », a dit M. Sarkozy, en fournissant moult exemples sur les « déséquilibres » d'ordre macro-économique, financier ou climatique dont la survenance s'accélère.
Sur les questions monétaires, la France ne souhaite pas revenir à un système de change fixe, remettre en cause le rôle « prépondérant » du dollar (62% des réserves de change sont libellées en dollar) ni limiter les mouvements de capitaux. M. Sarkozy a espéré que les positions des pays du G 20 convergeront sur certains points tels que « l'internationalisation » de la monnaie chinoise. Pourraient ainsi être mis au point un calendrier et des modalités pour la participation du yuan au panier de monnaie composant les DTS, unité de compte du FMI. À l'invitation de Paris, Pékin organisera fin mars un séminaire international sur les questions monétaires, tandis que Berlin et Mexico City présideront un groupe de travail spécifique.
La France plaidera pour que le FMI joue un rôle accru en matière de surveillance des déséquilibres macro-économiques qui seront analysées par le biais d'indicateurs. Sur ce point, M. Sarkozy a espéré des résultats dès février. Est aussi suggérée l'élaboration de codes de conduite sur la gestion des flux de capitaux.
TTF. « La France est favorable à la taxation sur les transactions financières » (TTF), a réitéré M. Sarkozy. « Morale » et « utile », cette taxe, qui connaît certes « de grands ennemis », permettrait de « trouver de nouvelles ressources pour le développement », a-t-il ajouté. Il a été plus évasif sur la volonté de la France et de l'Europe à montrer l'exemple en prenant des initiatives. Et de balayer l'argument selon lequel la TTF pénaliserait autant les transactions financières normales et celles effectuées à des fins uniquement spéculatives. Le Sommet du G20 de Londres a promis 100 milliards de dollars au financement du développement.
M. Sarkozy a enfin plaidé pour l'établissement d'un « socle de protection sociale universelle », les pays du G 20 étant appelés à ratifier les huit conventions internationales en vigueur dans ce domaine. Un premier sommet social aura d'ailleurs lieu à la veille du Sommet de Cannes de novembre. (M.B.)