Bruxelles, 24/01/2011 (Agence Europe) - L'obligation faite à l'ensemble des médias par la nouvelle loi hongroise de fournir une couverture « équilibrée » des événements nationaux et européens a été qualifiée lundi 24 janvier de « disproportionnée » par Jonathan Todd, le porte-parole de Mme Kroes, en charge des Médias, et pourrait limiter le principe de la liberté d'expression. Une disposition susceptible d'entraîner une « possible violation des règles générales du Traité », dont l'article 11 de la Charte des Droits fondamentaux, a-t-il expliqué. Vendredi 21 janvier, la Commission européenne a adressé une seconde lettre aux autorités hongroises, ayant désormais un délai de deux semaines pour répondre aux préoccupations de la Commission. Celle-ci, comme annoncé, entend obtenir des clarifications sur trois points problématiques à ce stade: l'application de la loi aux médias enregistrés dans d'autres pays et pouvant contrevenir au principe du pays d'origine, l'obligation d'enregistrement des médias étendue à la presse écrite et l'obligation de fournir une couverture « équilibrée » des événements nationaux et européens quand ce genre d'obligation, potentiellement restrictive, « ne concerne d'habitude que les télédiffuseurs », expliquait déjà vendredi le porte-parole de Mme Kroes. Trois interrogations qui, sans réponse convenable de la part de Budapest, pourraient donc conduire à l'ouverture d'une procédure d'infraction. Dimanche, le gouvernement hongrois estimait lui que cette lettre ne relevait à ses yeux que de questions « techniques ».
De son côté, le porte-parole de Viviane Reding, en charge des Droits fondamentaux, a à nouveau tenu à rappeler lundi la compétence première de Mme Kroes sur ce dossier qui évalue le respect des principes de la Charte des droits fondamentaux sur la base de la directive sur les services audiovisuels. Mme Reding n'étant pas compétente sur cette directive et n'ayant pas de base légale dans son portefeuille, ses marges d'action sont donc limitées, a indiqué Matthew Newman, répondant ainsi aux critiques qui sont faites à la commissaire luxembourgeoise quant à son absence de prise de position sur le sujet. (S.P.)