Bruxelles, 24/01/2011 (Agence Europe) - Selon ACI-Europe (Conseil international des aéroports - Europe), la technologie actuelle n'est pas suffisamment mûre pour permettre le lancement d'une levée progressive des restrictions imposées au transport des liquides dans les bagages à main des passagers aériens. Conformément à la décision de février dernier, ce processus devait être lancé, dès le 29 avril 2011: cette date avait déjà été repoussée pour octroyer à l'industrie suffisamment de temps pour affiner le développement de la technologie permettant de détecter d'éventuels explosifs dissimulés sous forme de liquides, de gels ou d'aérosols. Les restrictions actuelles (le transport est limité à la quantité d'un litre par personne réparti dans des contenants ne dépassant pas 100 ml), critiquées par un nombre grandissant d'acteurs, ont été introduites en 2006 suite à la tentative d'attentat déjouée à Londres (EUROPE n° 9280 et n° 10080). Selon les représentants des aéroports toutefois, la date indiquée par la Commission est trop rapprochée pour que l'industrie soit en mesure de mettre sur le marché des technologies permettant de renforcer la sûreté aérienne ainsi que le confort des passagers. ACI- Europe critique notamment les appareils de scannage déjà approuvés par la Conférence européenne de l'aviation civile (CEAC) compétente en la matière. D'après ACI-Europe, aucun des appareils approuvés par la CEAC permettant de détecter d'éventuels explosifs dissimulés sous forme de liquides n'a été testé dans des conditions réelles. Le processus de l'homologation formelle n'a pas encore été lancé, ce qui laisse aux aéroports, responsables de la mise en place des scanners adéquats, trop peu de temps pour l'acquisition du matériel, fait également valoir l'industrie aéroportuaire. Elle reste aussi sceptique quant aux performances de l'équipement testé par la CEAC et dénonce un manque de stratégie de communication de la Commission européenne sur le changement du régime de sûreté à l'égard des passagers.
La Commission, qui dit être au courant des craintes concernant le délai, maintient que les dates indiquées sont suffisamment flexibles pour assurer une transition en toute sécurité vers un autre régime de sûreté. Elle fait également valoir que la date butoir du changement est le 29 avril 2013, ce qui prend en compte les demandes faites au préalable par l'industrie. Les mesures qui doivent entrer en vigueur le 29 avril 2011 ne s'appliquent qu'aux passagers en transit, sans qu'il soit nécessaire d'introduire d'une technologie supplémentaire. Les passagers en transit seront autorisés, à partir de cette date, à emporter à l'intérieur des zones de sûreté ou à bord de l'avion des liquides, des gels ou des aérosols obtenus dans un aéroport d'un pays tiers ou à bord d'un aéronef d'une compagnie aérienne non communautaire, à condition que ceux-ci soient placés dans un sac conformément aux normes actuellement en vigueur. Ce n'est qu'en 2013 que la Commission prévoit que tous les aéroports devront disposer de la capacité de détecter les matières potentiellement dangereuses directement dans les bagages. Actuellement, la CEAC n'a validé aucun scanner possédant cette capacité. (A. By.)