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Bulletin Quotidien Europe N° 10280
CONSEIL EUROPÉEN / (eu) ue/conseil europÉen

Les idées de Catherine Ashton sur les 'partenariats stratégiques' avec Chine, Russie, États-Unis

Bruxelles, 17/12/2010 (Agence Europe) - Catherine Ashton a présenté vendredi 17 décembre aux chefs d'État et de gouvernement de l'UE, réunis en Conseil européen à Bruxelles, ses idées sur l'avenir des relations avec les trois principaux 'partenaires stratégiques' de l'Union, à savoir les États-Unis, la Chine et la Russie. Après avoir exposé aux dirigeants les « éléments préliminaires » de sa réflexion sur les futures relations de l'UE avec ses partenaires stratégiques en général (voir les détails dans EUROPE d'hier), le Haut représentant pour les affaires étrangères a aussi soumis au Conseil européen trois documents de travail qui résument ses visions et intentions pour développer les liens futurs avec Washington, Moscou et Beijing (nous publierons le texte intégral de ces trois documents dans les prochains jours dans notre série EUROPE/Documents). Le Conseil européen a salué vendredi ce premier rapport intermédiaire de Mme Ashton et l'a invitée à poursuivre la réflexion. Les dirigeants ont l'intention de faire le point sur l'état des travaux sur les partenariats stratégiques une fois par an.

Chine. Les relations actuelles avec la Chine, « cruciales » pour la stabilité, la sécurité et la croissance économique de l'Europe, restent en-deçà de leur potentiel, lit-on dans le document de Mme Ashton. Si l'UE veut transformer ses liens avec Beijing en un véritable partenariat stratégique, elle devra le faire « sur la base d'intérêts et de bénéfices mutuels », souligne-t-elle. Les intérêts de l'UE vis-à-vis de la Chine doivent être précis et ils devront être clairement énoncés: plus de commerce et d'investissements, une meilleure coopération sur les grands défis globaux et les questions de sécurité, diminuer les émissions de gaz à effet de serre, promouvoir la gouvernance démocratique, l'État de droit et les droits de l'Homme. Sur ce dernier point, les Européens ne doivent pas se faire trop d'illusions: dans la phase actuelle de son développement, Beijing donne la priorité au développement économique, attachant une importance particulière aux droits économiques et sociaux. Il est donc évident que le pays ne respectera pas les normes de l'UE en matière d'État de droit et de droits de l'Homme dans un avenir proche, affirme Mme Ashton. C'est pourquoi l'UE doit donner la priorité à la mise en œuvre des conventions de l'ONU sur les droits de l'Homme, à la bonne gouvernance et à l'État de droit, dit-elle. Au cours des dix à quinze années à venir, l'UE doit essayer de développer un partenariat stratégique, mais aussi un lien de « confiance et d'interdépendance stratégique » avec Beijing, estime encore le Haut représentant. Qui laisse entendre que l'UE doit aussi être prête à faire des concessions pour faciliter le rapprochement. Si l'UE veut vraiment établir avec la Chine un partenariat stratégique qui serve les intérêts des deux parties, alors « toutes les irritations et préoccupations actuelles devraient être traitées dans cet esprit-là ». Le papier identifie ces « irritations et préoccupations ». Du côté chinois, il s'agit du statut d'économie de marché, de l'embargo sur les armes et des questions de Taiwan et du Tibet. Du côté européen, Mme Ashton mentionne l'accès au marché, les investissements, la protection de la propriété intellectuelle ainsi que les droits de l'Homme et l'État de droit.

États-Unis. « Les relations UE/USA doivent devenir globales si elles veulent rester pertinentes et efficaces », lit-on dans le document. « L'économie reste au cœur de notre relation », car « en dépit de l'émergence de la Chine, de l'Inde et d'autres, l'UE et les États-Unis restent la principale relation économique dans le monde ». Washington a un intérêt à avoir comme partenaire une UE forte et capable, ne fût-ce que pour des raisons budgétaires, estime Mme Ashton. « Vu l'intérêt qu'ils ont à réduire leurs dépenses tout en maintenant la sécurité globale, les États-Unis continueront à vouloir une Union européenne forte et capable. Pour le dire simplement: les USA ont besoin d'aide pour atteindre leurs objectifs », dit-elle dans son document. Le meilleur moyen pour l'UE d'exercer une influence sur Washington est de rester « unie, capable et sûre d'elle-même ».

Russie. Les relations avec la Russie ont une importance « énorme » pour l'UE mais le potentiel de ce partenariat est loin d'être entièrement exploité, estime Mme Ashton. Les circonstances pour engager dans un véritable partenariat stratégique avec Moscou sont bonnes car « la Russie a besoin de l'aide de l'UE pour faire face au grand besoin de modernisation, notamment dans le domaine de la technologie et de l'économie », lit-on dans le document. L'objectif prioritaire de l'UE dans ses liens avec Moscou doit être de « promouvoir la pleine intégration de la Russie dans des structures internationales politiques et économiques basées sur des règles communes » afin d'en faire un « partenaire fiable et responsable » qui respecte les règles et valeurs auxquels il a souscrit en tant que membre de l'ONU, du Conseil de l'Europe et de l'OSCE. (H.B.)

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