Bruxelles, 17/12/2010 (Agence Europe) - La conférence de clôture de l'Année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale 2010 s'est tenue vendredi 17 décembre mais, comme l'a souligné Laszlo Andor, « elle n'est pas une fin mais bien le début d'un nouveau challenge ». Les ministres ont signé leur déclaration finale, préparée par le Conseil Emploi/Affaires sociales du 6 décembre, dans laquelle ils demandent des résultats et soulignent les défis à relever. Les ministres appellent à poursuivre les travaux dans le cadre de l'initiative-phare « Une plate-forme européenne contre la pauvreté » et ont invité l'UE et ses États membres à poursuivre leur coopération en la matière. L'énorme soutien apporté par les institutions européennes à cette année 2010 et par la Présidence belge de l'UE, avec son très grand nombre d'initiatives et de conférences en matière d'emploi et d'affaires sociales, ont été mis en exergue par le commissaire Andor.
Lors de la session finale, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a commenté que l'année européenne 2010 est « le clair symbole de l'engagement de l'UE à ce que, dans une société européenne, tous les Européens aient une place ». L'appel est lancé pour une meilleure Europe, plus sociale et avec une plus grande solidarité. Le vrai succès d'une année européenne, c'est quand elle s'achève: l'année 2010 est un réel succès. L'avenir le prouvera, a lancé le président pour qui le grand changement, c'est la stratégie UE 2020 avec l'engagement de l'Europe vers une Europe plus inclusive. Une action efficace est aussi nécessaire car 80 millions de personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté. « Si ces personnes étaient un seul État, il serait le plus grand État membre de l'UE ! », a lancé M. Barroso. « Ce n'est pas acceptable dans une Europe solide, avec une vision basée sur la solidarité entre les peuples et les nations », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre belge Yves Leterme a remercié plus particulièrement toutes les associations et services publics qui se sont mobilisés au niveau européen au cours de cette année. « Ce vendredi est le jour approprié pour dire que la lutte contre la pauvreté doit continuer ». Yves Leterme a insisté sur la nécessité d'avoir une vision holistique - finances publiques et croissance inclusive doivent aller de pair. Pour le Premier ministre belge, « plus de jobs de qualité signifie moins de pauvreté ». Il a fait remarquer que l'objectif de sortir au moins 20 millions de personnes de la pauvreté « n'était pas gagné ! ». À présent, les États membres doivent témoigner d'efforts en vue de garantir une inclusion active de ces personnes. L'emploi reste toutefois le meilleur moyen pour sortir de la pauvreté. Yves Leterme a dit « avoir le ferme espoir que le 31 décembre 2010 ne soit pas une fin de l'année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, mais plutôt la poursuite d'efforts accomplis, initiés et renforcés pour passer à de nouvelles actions ».
« Un paradoxe clôture une année alors qu'on vient seulement de fixer l'objectif chiffré dans la stratégie UE 2020. Le Parlement européen a obtenu cet objectif. Nous sommes tenus de travailler dans la dentelle », a déclaré Isabelle Durant, vice-présidente du Parlement européen. Mme Durant a donné rendez-vous aux participants à la conférence, à l'agora citoyenne du PE, qui se tient du 26 au 28 janvier 2011 à Bruxelles, sur le thème « Crises et pauvretés ». Font partie de la lutte contre la pauvreté, pour Isabelle Durant, la création d'emplois décents, la politique de l'immigration (situation des migrants, clandestins, illégaux qui se trouvent sur le territoire de l'UE en l'absence de droits), la politique culturelle, la reconnaissance et la dignité des personnes. Ensuite, il faudra un suivi, a expliqué la vice-présidente du PE, une évaluation point par point des efforts accomplis et de ce qu'on n'a pas pu faire. Et Isabelle Durant de conclure: « Cette journée est le point de départ d'un réseau interinstitutionnel (PE, Commission, présidences successives de l'UE) et des participants à cette conférence, un réseau qui doit travailler jusqu'en 2020 ». Un follow up que Laszlo Andor a qualifié d'extrêmement important. (G.B.)