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Bulletin Quotidien Europe N° 10280
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L'UE écarte un recours immédiat aux « euro-obligations »

Bruxelles, 17/12/2010 (Agence Europe) - Les dirigeants européens ont écarté pour l'instant l'idée de recourir à des euro-obligations pour faire face à la crise financière, même si le débat devrait se poursuivre dans les mois à venir. L'idée de cet outil financier, qui permettrait à plusieurs pays de lancer des emprunts obligataires en commun pour mutualiser les risques, a été relancée la semaine dernière par le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, également président de l'Eurogroupe.

Une idée difficile à faire germer. « Il faut encore qu'une bonne idée mûrisse car ce ne serait pas servir une bonne idée que de l'afficher trop rapidement », a déclaré le président du Conseil européen Herman Van Rompuy. Mais l'Allemagne, qui emprunte actuellement à un taux inférieur à la moyenne européenne, est opposée pour l'heure à recourir à cet instrument. Elle estime, soutenue par la France, que certains États risquent de ne plus faire d'efforts pour contrôler leur dette. « En 2011, nous devons nous concentrer sur les sujets qui ont véritablement une chance de se réaliser », a affirmé la chancelière allemande Angela Merkel, en réponse à une question sur les euro-obligations. C'est « un système curieux », a relevé le président français Nicolas Sarkozy, estimant que la possibilité de transférer la dette d'un pays au niveau européen « n'a pas de sens » lorsqu'on admet que les États ont la liberté souveraine de fixer les taux d'imposition sur les bénéfices des sociétés. Pour le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, ce n'est de toute façon « pas vraiment le moment de prendre une décision là-dessus ».

Vers un test de faisabilité. La mise en place des euro-obligations séduit pourtant d'autres dirigeants, à commencer par le Premier ministre portugais José Socrates pour qui « les euro-obligations sont une bonne idée que je défends depuis longtemps ». « C'est une idée qui fait son chemin », a aussi jugé son homologue belge, Yves Leterme. « La décision ne sera pas prise dans les jours ou les semaines qui viennent » mais « c'est un élément inévitable qui verra le jour » tôt ou tard, a-t-il ajouté. Devant la réticence de certains États, Jean-Claude Juncker a précisé devant la presse que sa proposition ne conduirait pas à une croissance unifiée des taux d'intérêt. Il n'est pas question « de fusionner les dettes publiques de tous les États membres de l'UE mais d'en globaliser une partie », a-t-il dit. « Par la création des euro-obligations, nous allons créer un large marché européen des obligations (...) qui nous assurera des liquidités supplémentaires » et par conséquent « cela pourrait facilement conduire à la baisse des taux d'intérêt », et même à des niveaux « inférieurs à ceux se trouvant en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Luxembourg ». Discuter d'un tel mécanisme ne se fera certainement « pas maintenant », a estimé le président du Conseil italien Silvio Berlusconi, mais « s'il y en avait, je les achèterais tout de suite plutôt que d'acheter les titres d'un seul pays car ce serait l'Europe qui donne les garanties ». Il a même proposé le lancement d'une étude sur les euro-obligations, « un mécanisme qu'il est bon d'étudier à fond, même si on est conscient que ce n'est pas pour aujourd'hui ou pour demain et qu'il faudra encore attendre longtemps ». Le président de la Commission José Manuel Barroso a également plaidé pour un travail préalable de « faisabilité technique » avant de savoir si une telle idée est réalisable. (B.C./A.By/A.N./I.L./H.B.)

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