Bruxelles, 17/12/2010 (Agence Europe) - Une conférence intitulée « EuroMed-2030 » organisée par la Commission européenne a eu lieu jeudi à Bruxelles, sous l'égide de la DG R&D. Elle a réuni des experts dans les domaines de la recherche scientifique, économique et dans les sciences humaines et sociales pour tracer des perspectives pour la région d'ici 20 ans. Les participants ont pris connaissance des conclusions d'une étude qui relève en premier que « le développement des relations entre l'UE et les pays situés sur les rives sud et est de la Méditerranée n'est pas toujours perçu comme un objectif prioritaire et fait respectivement l'objet de réticences plus ou moins fortes de part et d'autre ». Du côté européen, la région est considérée comme une zone « de conflits, souffrant de manquements aux droits humains et éloignée des normes européennes de démocratie pluraliste, tardant à se développer économiquement et à embrasser la modernité ». En face, les sentiments seraient empreints de « soupçon (....) d'attitudes condescendantes, voire hypocrites, quand (l'UE) affirme des idéaux d'ouverture tout en gardant partiellement fermés ses marchés agricoles, en manifestant envers des émigrés légaux ou illégaux défiance ou rejet, en participant à des opérations armées dans d'autres pays du monde musulman ». Mais ce ne serait qu'apparence: « Au-delà de différences réelles, des convergences sont observées: l'interpénétration et l'interaction entre les deux côtés de la Méditerranée sont fortes et les intérêts communs sont substantiels ».
Le rapport invite à les « dépasser en s'interrogeant sur les potentialités de la coopération euro-méditerranéenne à l'horizon 2030 ». Après une présentation détaillée et dans tous les domaines (éducation, santé, énergie, etc.) liés à la vie des citoyens et à l'activité économique, le rapport appelle à prêter attention aux « obstacles majeurs (qui) empêchent actuellement qu'une véritable Communauté EuroMed soit envisagée: l'absence de vision commune, de volonté politique, de confiance, de ressources, et d'institutions adéquates. Il s'agira en tout état de cause d'une entreprise de longue haleine, qui implique des coûts importants. Cependant, sa non réalisation serait tout aussi coûteuse. L'acquis de Barcelone, complété par des acquis ultérieurs jusqu'aux dispositions de l'Union pour la Méditerranée, doit servir de point de départ pour remédier à l'absence de vision commune », peut-on lire. À noter cette recommandation de fond: progresser « implique une clarification du fonctionnement institutionnel et des règles de la coopération intergouvernementale et l'implication des différentes organisations de la société civile dans un esprit de renforcement de la compréhension et de la confiance mutuelles ». Or, disent les experts: « de nombreux obstacles et beaucoup de scepticisme devront être surmontés ». Il faut y ajouter une recommandation concrète: les experts suggèrent « l'élargissement du Conseil de l'Europe aux pays du sud et de l'est de la Méditerranée et l'application progressive de la Convention européenne des droits de l'Homme. Cette action pourrait aider à construire un socle de valeurs partagées ». (F.B.)