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Bulletin Quotidien Europe N° 10258
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/pÊche

L'UE s'épuise sur les quotas de thon rouge

Bruxelles, 17/11/2010 (Agence Europe) - À cause de dissensions sur les quotas de thon rouge pour 2011, les pays de l'UE éprouvaient les pires difficultés, dans la soirée de mercredi 17 novembre à Bruxelles, à accorder leurs violons sur la position à défendre au sein de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), ouverte le même jour à Paris. En cas d'échec, la Commission européenne, qui doit parler au nom de l'UE, serait réduite au silence sur les quotas de thon rouge.

La commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, s'est montrée intransigeante. Elle a jusqu'au bout prôné une réduction du quota de thon rouge l'an prochain, qui était de 13 500 tonnes en 2010. Lors du COREPER (Comité des représentants permanents des États membres auprès de l'UE) de mercredi, les États de l'UE concernés par la pêche au thon (dont France, Italie, Espagne et Malte) ont défendu le maintien l'an prochain des possibilités de pêche actuelles.

Un texte de compromis de la présidence belge de l'UE a été présenté au COREPER. Sans parler explicitement de réduction ou de maintien du quota actuel, il proposait de suivre strictement l'avis des scientifiques pour parvenir d'ici 2022 à un niveau de rendement maximal durable pour les stocks de thon rouge, « avec une probabilité de 60% ou plus », selon ce texte. Les scientifiques estiment qu'un quota stable de 13 500 tonnes permet d'y parvenir avec une probabilité de 60%. Pour obtenir une probabilité plus forte, il faut réduire ce quota, selon les scientifiques. Le COREPER s'est réuni à nouveau à 18H45 pour formuler ses remarques sur le texte de la présidence. La Commission s'y est opposée, au motif qu'il ne faisait pas mention du besoin de réduire les limites de captures. Il fallait l'unanimité des pays en faveur de la proposition de la présidence belge, puisque la Commission ne s'y ralliait pas. Or, certains pays, comme le Royaume-Uni, la Suède, l'Allemagne et les Pays-Bas, demandaient comme la Commission une baisse des prises de thon rouge.

La 17ème réunion de la CICTA s'est ouverte à huis clos mercredi à Paris. Ses 48 membres ont dix jours pour trouver un compromis notamment sur le thon rouge. Les ONG environnementales Greenpeace, WWF, Pew et Oceana, ont lancé « un appel commun à la suspension de la pêche industrielle du thon rouge, une espèce dont les stocks ont chuté de 85% en 30 ans ». Ces organisations font campagne aussi pour l'interdiction de la pêche dans les zones de frai et une réduction du quota de 13 500 tonnes, alloué en 2010, à un maximum de 6 000 tonnes. (L.C.)

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