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Bulletin Quotidien Europe N° 10258
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Écofin/climat

La Pologne seule contre tous pour Cancún

Bruxelles, 17/11/2010 (Agence Europe) - 2,2 milliards d'euros, c'est ce que la Commission et les États membres ont déjà investi en 2010 pour aider les pays en développement vulnérables au changement climatique à s'adapter et à lutter contre le phénomène. Ce chiffre ressort du rapport du comité de politique économique approuvé lundi 17 novembre par le Conseil ÉCOFIN pour faire toute la lumière sur la concrétisation des engagements souscrits par l'UE au titre du 'financement à mise en œuvre rapide'.

L'UE, qui a promis de verser aux pays pauvres 7,2 milliards pour la période 2010-2012 est donc en bonne voie de tenir sa promesse pour l'année en cours, et sera en mesure d'en faire état à la conférence climatique onusienne de Cancún (COP 16, Mexique, 29 novembre-10 décembre). C'est là une bonne nouvelle en cette période de difficultés économiques et de contraintes budgétaires.

Les ministres des Finances des 27 qui devaient finaliser leur contribution à la conférence de Cancùn ne sont en revanche pas parvenus à adopter des conclusions unanimes sur le financement de la lutte mondiale contre le changement climatique (EUROPE n° 10257). L'adoption formelle du texte semblait entendue. C'était sans compter avec la Pologne qui n'a pu se rallier au texte. Résultat: les conclusions adoptées ne sont pas celles du Conseil, mais celles de la Présidence belge, avec le soutien de 26 délégations.

En cause: la crainte de la Pologne que la clé de répartition mondiale des efforts de financement requis pour la lutte contre le changement climatique prenne pour seul critère le niveau d'émissions de CO2 des pays, à l'exclusion du critère de PIB. Or, l'UE avait retenu le PIB comme deuxième critère lors du Conseil européen d'octobre 2009. Jacek Rostowski, le ministre des Finances de ce pays, fortement dépendant du charbon mais dont le PIB n'a rien à voir avec celui du Brésil, par exemple, a marqué son désaccord avec une partie du texte qui laissait planer une ambiguïté sur les critères.

Les paragraphes en cause faisaient allusion aux conclusions et recommandations du groupe consultatif sur le financement de la lutte contre le changement climatique établi par le Secrétaire général des Nations unies. Souscrire aux conclusions du Conseil de l'UE était, pour la Pologne, prématuré alors que l'analyse détaillée des conclusions et recommandations du groupe consultatif international n'a pas été faite par la Commission et les groupes compétents au Conseil. (A.N.)

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