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Bulletin Quotidien Europe N° 10258
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/eurogroupe

Mission « ciblée » sur une possible aide financière à l'Irlande

Bruxelles, 17/11/2010 (Agence Europe) - L'Irlande s'est rapprochée, mardi 16 novembre, d'une aide financière de l'Union européenne. Considérant que « les conditions de marché » relatives au fonctionnement du secteur bancaire irlandais et aux coûts de refinancement de la dette souveraine de ce pays n'étaient pas encore revenues à la normale, l'Eurogroupe a accueilli favorablement « la détermination du gouvernement irlandais de mener une consultation courte et ciblée avec la Commission, la BCE et le FMI afin de déterminer la meilleure façon de fournir tout soutien nécessaire pour traiter ces risques de marchés, particulièrement en ce qui concerne le secteur bancaire, dans le contexte du programme budgétaire quadriennal et du budget à venir ».

Dans une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban, parallèle au déroulement du Conseil ÉCOFIN, le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso a dit que la Commission n'a pas fait l'objet de pression de l'Irlande afin d'intervenir. Les autorités de Dublin devraient réagir « d'une façon rapide et déterminée ».

Impliqués depuis dimanche dans des discussions avec les autorités irlandaises, des émissaires de ces trois entités internationales seront à Dublin dès jeudi pour poursuivre l'analyse des besoins irlandais. Ces discussions « nous permettront de disposer de tous les éléments et instruments dont nous avons besoin au cas où l'Irlande ferait une demande d'assistance à l'UE, au FMI et à l'Eurogroupe », a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Le gouvernement irlandais, qui n'a toujours pas fait de demande officielle d'aide, présentera la semaine prochaine un programme quadriennal d'austérité et début décembre son projet de budget 2011. Faisant face à un déficit de 32% du PIB national en raison du sauvetage du secteur bancaire qui lui a coûté 50 milliards d'euros, l'Irlande s'est fixé pour objectif de revenir sous la barre des 3% en 2014.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a vu d'un bon œil l'intensification des travaux en vue d'une assistance financière, au cas où cette aide serait requise et nécessaire. Interrogé sur la nature de la mission qui se rendra à Dublin, il a indiqué que les discussions techniques comprendraient un volet budgétaire et un volet bancaire. Étant donné les interlocuteurs impliqués, une aide potentielle à l'Irlande pourrait mobiliser la Commission, la BCE et/ou le FMI. Ni M. Juncker, ni M. Rehn ne sont entrés dans les détails sur l'ampleur d'une aide potentielle ou sur la ventilation des montants par acteur.

« C'est précisément ce travail qui est en cours », a déclaré la ministre française des Finances Christine Lagarde. Selon elle, le cas irlandais diffère du cas grec dans la mesure où, en Irlande, « la dette souveraine est sous contrôle » mais trois banques, faisant déjà l'objet d'une restructuration, nécessitent des mesures additionnelles ciblées. Sous quelle forme ? Que le plan soit une copie conforme au plan grec ou revête une autre forme, « les travaux pourront le déterminer », a expliqué Mme Lagarde. Elle a rappelé que l'UE disposait déjà d'« un outil en place » capable de lever des fonds. Elle n'a pas non plus écarté la possibilité de prêts bilatéraux que le Royaume-Uni pourrait octroyer à l'Irlande, même si une telle option, soulevée s'agissant de la Grèce, n'avait au final pas été retenue. Selon la presse, deux types d'aide potentielle seraient sur la table, l'une de 50 milliards d'euros uniquement destinée au secteur bancaire irlandais et l'autre atteignant 100 milliards d'euros pour aider le gouvernement irlandais à restaurer la crédibilité dans ses finances publiques.

En mai, les ministres de la zone euro ont mis sur pied un mécanisme de stabilisation financière composé des instruments suivants: - un volet communautaire doté de 60 milliards d'euros ; - un volet intergouvernemental, l'« European Financial Stability Facility » (EFSF), composé de garanties nationales à hauteur de 440 milliards d'euros auxquelles les pays participent en fonction de leur contribution au capital de la BCE ; - une participation du FMI à hauteur de 250 milliards d'euros. Présent à la réunion de l'Eurogroupe, le directeur de l'EFSF Klaus Redling a indiqué qu'il faudrait « entre cinq et huit jours » à l'EFSF pour lever des fonds sur les marchés une fois la demande d'un État membre acceptée par le Conseil ÉCOFIN. Quant aux montants à lever, ils dépendront du type d'aide qui serait octroyée, a-t-il ajouté. Les prêts de l'EFSF ne peuvent être octroyés qu'aux États membres et non au secteur privé. L'activation de la « Facility » comme l'aide du FMI serait conditionnée à l'imposition de mesures structurelles drastiques. M. Rehn a déjà constaté le faible taux d'imposition des entreprises en Irlande (12,5%). Les 130 milliards d'euros de liquidités octroyées par la BCE au secteur bancaire irlandais, et à un taux minimal, ne sont pas soumis à condition. « Je suis plutôt confiant dans le fait qu'il sera très difficile pour la BCE d'aller plus loin que maintenant dans la fourniture de liquidités à des banques dans différents États membres et peut-être en premier lieu en Irlande », a d'ailleurs considéré, mercredi 17 novembre, le président du Conseil ÉCOFIN Didier Reynders, en rappelant son expérience de 2008 en matière de sauvetage du système bancaire national. Plus tôt dans la journée, il avait considéré à la radio belge qu'une aide européenne était pratiquement inévitable. (M.B.)

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